Saint-Jean-de-Losne, charmante cité bourguignonne située en bord de Saône, premier port fluvial de plaisance en eau intérieure, au passé glorieux, est aimée des peintres, des vacanciers, des touristes et des plaisanciers. Nous tenons à elle, et c'est pourquoi nous avons décidé de vous parler de son patrimoine, de son histoire, des activités culturelles, associatives et sportives qui s'y déroulent. Soyez nombreux à nous lire. Merci. Pierre Marie et Michelle Guéritey

mercredi 30 décembre 2015

Bonne année 2016 !

Gallas, la batellerie, la Légion d’honneur et les canons donnés par Napoléon : les incontournables de Saint-Jean-de-Losne… le tout bien souvent présenté dans des approximations construites pour célébrer la gloire et la prospérité passées de la ville.
En 2014, le bicentenaire du siège de Saint-Jean-de-Losne par les armées autrichiennes en janvier 1814 :
est passé complètement inaperçu… C’est pourtant par sa résistance courageuse mais infructueuse à l’invasion des coalisés que Saint-Jean-de-Losne a mérité d’être une des trois villes décorées de la Légion d’honneur par l’Empereur pendant les Cent-jours.
Et ce n’est qu’en septembre 2015 que cette distinction, accordée en mars 1815, et confirmée par décret impérial du 22 mai 1815 a été fêtée à Saint-Jean-de-Losne.
On a aussi à cette occasion fêté le retour après restauration des deux canons qui ornent le monument commémoratif du siège de 1636, donnés à la ville en 1901 en remplacement des deux canons promis par Napoléon  le 27 avril 1815.
Avant de terminer 2015, vous pouvez lire, les détails de la résistance à l’invasion de janvier 1814 sous la conduite du maire Pierre Coste, de l’attribution de la Légion d’honneur à Saint-Jean-de-Losne, et des canons donnés à la ville … par le roi Louis-Philippe, en cliquant sur ce lien :
(communication présentée lors de la 6e journée de rencontres histoire et Patrimoine du Val de Saône),
Attention, 2016 sera l’année d’un autre bicentenaire, que l’administration et les habitants des communes voisines ne devraient pas laisser passer inaperçu, en s’unissant et en intégrant Saint-Jean-de-Losne comme centre-ville d’une commune nouvelle : c’est la demande de la fusion des communes par le sous-préfet de Beaune en avril 1816, plusieurs fois rappelée dans ces pages… http://saint-jean-de-losnetourisme.blogspot.fr/2015/01/la-fusion-des-communes-une-opportunite.html
Alors, bonne année 2016 aux habitants de Brazey-en-Plaine, Saint-Usage, Echenon, Losne et Saint-Jean-de-Losne, enfin rassemblés (?).
 
Pierre Marie Guéritey 29 12 2015

mercredi 11 novembre 2015

Monuments aux Morts du canton : Trouhans

Le conseil municipal de Trouhans par délibération du 2 mars 1919 décide « d’élever un monument commémoratif des enfants de la commune morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918 » et vote un crédit de 2000 F, auquels viendront s’ajouter 13127,30 F. recueillis par souscription.
Le comité du monument était ainsi constitué :
« Président : M. Edouard Droin, maire
Trésorier : Chaussier Marcel, conseiller municipal
Secrétaire : Guénot Irénée, instituteur
Membres : les conseillers municipaux, les instituteurs, et MM. Martin Jean-Baptiste, Pauthier Théophile, Mouillon Gabriel, Dejeux Jules, Gavignet Auguste, Mlle de Vesvrotte, Lombard Louis, M. Ernest de Vesvrotte, M.Marchal, M. Naigeon, Defaux Bernard, M. Eaton Marcel, M. Bompy-Deher ».
Le 28 juillet 1921, le monument commandé au sculpteur parisien Ernest Dubois (15 rue Mansart), se compose « d’un socle supportant une pyramide sur la face de laquelle se trouvera « un poilu » statue en haut relief de deux mètres de hauteur, le tout mesurant environ cinq mètres de hauteur, en pierre de Chauvigny.
Ce monument sera exécuté à Paris dans l’atelier de Monsieur Dubois et rendu en gare de Trouhans pour la somme forfaitaire globale de treize mille cent soixante dix francs »
 
Le monument -probablement déjà réalisé par le sculpteur- arrive en gare dans les jours suivants et le 10 août, la municipalité passe un marché de 7056 F. avec Louis Didier, entrepreneur à Saint-Jean-de-Losne pour le transport depuis la gare, le terrassement, la fourniture et la gravure des plaques de marbre, et la pose d’une grille autour du monument.
La réception définitive a lieu le 20 avril 1922. Le coût total de la construction du monument s’élève à 20226 F, couvert par la souscription (13127,30F) et une somme de 7098 F payée par la mairie sur ses fonds disponibles (y compris les 2000 F alloués en 1919).
 
 
L’auteur du monument aux morts de Trouhans, Ernest-Henri Dubois est né le 16 mars 1863 à Dieppe, mort le 30 décembre 1930 à Paris. A l'Ecole des Beaux-Arts de Paris il a été l’élève de Alexandre Falguière et Henri Chapu. Il est aussi l'élève de Jules Chaplain (1839-1909) et d'Antonin Mercié.

Il a exposé régulièrement au Salon de Paris à partir de 1892 et a obtenu de nombreuses distinctions.

Ernest-Henri Dubois a réalisé les monuments aux morts de Dieppe (Saint Maritime, 1925) et Valognes (Manche, 1927). Il est aussi l’auteur des bustes de Sophie et Henri Grangier (Vougeot, Dijon)

 

 
 
 

On peut s’étonner de trouver dans ce village qui comptait 625 habitants en 1921 une œuvre de ce prix et de cette qualité. Le propriétaire du château de Trouhans, Ernest de Vesvrotte, dont le fils, le lieutenant Just de Vesvrotte a été tué le 9 juin 1918, et Alfred Marchal, le patron de la filature, qui employait la moitié de la population active du village ont certainement été les inspirateurs et les principaux financeurs de ce beau monument.


(Archives municipales (avec nos remerciements à Madame Gossens, maire de Trouhans) et ADCO IIO 645-9)
 
© Pierre Marie Guéritey, 2015.
 
 
 



dimanche 8 novembre 2015

Monuments aux Morts du Canton : Brazey-en-Plaine

Comme la plupart des communes, Brazey-en-Plaine a décidé d’honorer les morts de la grande guerre en érigeant un monument commémoratif. Le 23 mars 1919, la municipalité nomme un comité pour ce faire. La nouvelle municipalité issue des élections de décembre 1919 remanie ce comité, placé sous la présidence d’honneur de Maurice Magnin (fils de Joseph Magnin), et dirigé par le nouveau maire René Tissot.
Le Monument aux Morts de Brazey-en-Plaine
La réalisation du monument est confiée à l’Architecte Auguste Drouot (1881-1958), il est d’un dessin très semblable à celui que cet architecte a signé en à 1920 à Gevrey-Chambertin (1920).
Le monument aux Morts de Gevrey-Chambertin
Comme ce dernier, il est orné d’une mosaïque sur une des faces. A Gevrey, la mosaïque dont l’auteur est explicitement désigné sur le monument : “E. Bonnotte peintre”, représente une vendangeuse. A Brazey c’est une paysanne portant un panier de fleurs.

 

 
Gevrey-Chambertin                                     Brazey-en-Plaine
 
Ernest Lucien Bonnotte (1973-1954), est né à Dijon,
« Bonnotte est un Bourguignon lucide et caustique d’une belle vitalité. Après avoir reçu à Dijon l’enseignement de Dameron, il s’inscrit à Paris chez Bonnat et chez Glaize, expose au salon dès 1900, revient à Dijon. Il brosse des paysages aux petites touches denses, pures et curieusement contractées dans les notes graves, des portraits où s’affirme sa technique divisionniste et des esquisses légèrement estompées où s’affirme sa sensibilité aux effets variés de l’atmosphère. »
( Schurr, Gérald et Cabanne, Pierre, Dictionnaire des petits maîtres de la peinture 1820-1920, les éditions de l’amateur, 2008, p. 106-107.)
Le monument de Brazey est surmonté du coq gaulois, Drouot l’a sous-traité à un sculpteur que les documents ne nomment pas…
 
L’endroit où devait être érigé le monument a donné lieu à de nombreuses discussions avant le choix de sa place actuelle.
Un an après sa construction, le monument a été entouré par une grille, dont l’exécution a été aussi confiée à Auguste Drouot.
 
 
 A suivre : le monument aux morts de Trouhans.
 
© documents et texte P.M. Guéritey


 
 
 

vendredi 9 octobre 2015

Tapage nocturne et incivilités à Saint-Jean-de-Losne

L’été, la ville de Saint-Jean-de-Losne est le théâtre de graves incivilités et tapages nocturnes, si on en croit les deux rapports suivants :
 « Ce jourd’hui onze juillet …
La chambre de l’hôtel de ville de St-Jean-de-Losne assemblée
Me Charles Oudry procureur syndic a remontré que depuis longtemps il lui a été porté des plaintes que différents particuliers de cette ville n’ayant pas soin de renfermer leurs chiens pendant la nuit, les laissent coucher dans les rues et font des hurlements qui épouvantent les habitants et troublent leur repos, invite la chambre de délibérer sur le parti à prendre sur cet objet en requérant à ce que la délibération qui sera prise sur cet objet soit publiée et affichée à ce que personne n’en ignorent.
…la chambre en renouvelant ses précédentes ordonnances a fait très expressément inhibition et défense à toutes personnes de telles condition et qualité qu’elles soient de laisser coucher dehors leurs chiens à peine de dix livres d’amende contre chacun contrevenant, et demeure néanmoins permis à toutes personnes qui en seraient incommodées de tirer ou faire tirer dessus et sera la présente ordonnance publiée et affichée aux carrefours de cette ville a ce que personne n’en ignore ».
 
Et encore :
« Ce jourd’hui vingt-trois juillet …
La chambre de police de la ville de St-Jean de-Losne assemblée
Me Charles Oudry procureur syndic a remontré que plusieurs personnes lui ont porté plainte qu’il y a quelques temps pendant la nuit les deux fils de Pierre Demougeot maréchal en cette ville accompagné d’autres jeunes gens dont on n’a pu décliner les noms au procureur syndic ont chanté et fait du bruit dans les rues dont plusieurs personnes ont été éveillées et s’en sont trouvé être incommodées.
Que la nuit de dimanche dernier vingt de ce mois au lundi 21 sur environ les onze et demi et minuit les nommé Hugues Gimelet fils d’Hugues Gimelet patron sur la rivière de Saône, Gervais Bouhey fils de la dlle Claude Bouhey, Soieux fils de Jean Baptiste Soieux portefaix, Charles fils de Claude Charles Maréchal et Boulée fis de Jacques Boulée cordonnier, tous résidants en cette ville ont chanté dans les rues et particulièrement dans la rue du Saule et sur le pont de cette ville des chansons obscènes et si malhonnêtes que les personnes qui étaient sur le pont à se promener et à prendre l’air furent obligées de se retirer ; qu’ils firent un si grand bruit en chantant que plusieurs personnes en furent éveillées et que le bruit occasionna l’aboiement et l’hurlement des chiens, que les personnes les plus profondément endormies en furent éveillées, que la même nuit l’on a déplacé un gros pied en pierre qui portait aussi une table en pierre qui était appuyée contre le mur du domicile de M. l’abbé Coindey, lequel pied en pierre fut roulé jusqu’au milieu de la rue que l’on ne peut présumer pour auteurs de ce déplacement que les dits Gimelet, Bouhey, Charles, Soieux et Boulée, qu’il et du plus grand intérêt et du devoir du ministère publique de faire cesser de pareils bruits et de pareils scandales qui ne sont que trop fréquents et maintenir le bon ordre et par là assurer le repos et la tranquillité des citoyens, que les particuliers ci-devant dénommés sont d’autant plus répréhensibles que les règlements de police qui font défenses de faire du bruit la nuit leur sont connus pour avoir été publiés et affichés différentes fois ; qu’en conséquence il avait fait citer par billets de citations portés le jour d’hier par le sergent de service à comparaître ce jourd’hui en la chambre en la présente heure d’une de relevée… »
 Les contrevenants (des mineurs, qui ont évidemment tout nié en bloc) ont été condamnés à une amende, payée par leurs parents…. on n’a quand-même pas invité les honnêtes citoyens à tirer dessus….
 C’était en 1783. Maintenant, il y a des caméras et des voisins vigilants partout, de tels actes scandaleux ne devraient plus se reproduire !

mercredi 9 septembre 2015

Orgue et chants grégoriens à Saint-Jean-de-Losne, dimanche 27 septembre 17h30

Les thèmes du chant grégorien ont nourri le répertoire de la musique d’orgue pendant des siècles, dans tous les pays de tradition catholique.
Ainsi, quoi de plus évident que d’associer pour un concert, dans une église, l’orgue et les chants grégoriens ?
 
Le chant grégorien (ou « plain-chant »), dont le répertoire s’est constitué sur plusieurs siècles, et la musique d’orgue qu’il a inspirée sont des composantes de la civilisation de nos contrées, c’est un « patrimoine immatériel » qu’il faut préserver et faire connaître au même titre que les édifices, les tableaux, les statues, et différents objets d’origine religieuse que l’on classe « Monuments historiques » et qu’on admire comme tels.
L’orgue de Saint-Jean-de-Losne, construit de 1765 à 1768, et qui n’a jamais subi de transformations importantes conserve toutes ses sonorités d’origine ; il est contemporain de la production musicale inspirée par le plain-chant, d’organistes comme Michel Corette (1707-1795) et Jean-Jacques Beauvarlet-Charpentier (1734-1794).
 
Au cours des siècles, de nombreux compositeurs ont créé des polyphonies autour du chant grégorien pour les voix d’hommes, de femmes ou pour chœurs mixtes.
Jean-Jacques Griesser et le chœur grégorien de Giromagny proposent un aperçu de cet immense répertoire musical autour de l’orgue de Saint-Jean-de-Losne dimanche 27 septembre à 17h30.
 
 
La première partie présentera d’abord un Magnificat alterné entre un  chœur d’hommes et l’orgue, comme c’était l’usage dans les églises à l’époque de la construction de l’orgue de Saint-Jean-de-Losne, avec des versets d’orgue de Jean-Jacques Beauvarlet-Charpentier.
La suite du programme est organisée en s’inspirant librement du déroulement d’une messe :
 
Gloria Laus et Honor tibi sit (à 2 chœurs)                 Chants des 3 évêchés             
Ecce advenit                                                              Introït de l’Epiphanie                 
Kyrie XVI                                                                                                                    
Kyrie Corse                                                                Manuscrits franciscains XVII-XVIIIe  s.
Gaudens in Domino                                                   Conduit à 2 voix . XIIe s  
Alleluia Sapientia                                                       Liturgie de la Cathédrale d’Auxerre 
 Pièce d’orgue (Offertoire)                                         Fugue de J.J. Beauvarlet-Charpentier        
Sanctus XIV                                                             
Sanctus Corse                                                           Manuscrits Franciscains XVII-XVIIIe s.
Agnus XV                                                     
Agnus Corse                                                              Manuscrits Franciscains XVII-XVIIIe s.
O Frondens Virga                                                      Hildegard von Bingen  XIIe s.  
Ite Iam sine Tristicia                                                  Trope d’Ite Missa est  XIIe s.           
 
Dialogue (orgue)        J.J. Beauvarlet-Charpentier
 Enfin des polyphonies anciennes et contemporaines inspirées par des hymnes grégoriennes viendront conclure ce concert :
Rorate coeli                                                               Liturgie de l’Avent
Puer natus in Bethleem                                             Liturgie de Noël
Tantum Ergo                                                              M. Duruflé, XXe s.
Congaudeant Catholici                                              Vêpres de St Jacques de Compostelle
Magnificat de Giromagny                                          J.J. Griesser (2007)  
Ce concert est organisé par l’Association Saône Nature et Patrimoine.
Libre participation aux frais
 
Pierre Marie Guéritey
 

mardi 25 août 2015

Histoire et Patrimoine du Val de Saône : bulletin n°2

Le n°2 du bulletin annuel a été publié à l’occasion de la 5e journée de rencontres Histoire et Patrimoine du val de Saône le 18 avril à Saint-Usage.
On y trouve le compte-rendu des 3e et 4e journées de rencontres à Seurre (12 avril 2014) et Brazey-en-Plaine (15 novembre 2014), ainsi que les textes de plusieurs communications présentées au cours de ces journées :

·        Joseph Magnin, sa carrière en quelques textes, par Pierre Palau
·        Les bâtiments communaux de Brazey-en-Plaine au XIXe s., par Pierre Marie Guéritey
·         La méridienne de temps moyen de la mairie de Brazey-en-Plaine, par Pierre Causeret
·        Du Bois le Duc à la forêt de Mondragon, par Michel Jovignot
·        Les professions de santé à Auxonne, par Martine Speranza
·        D’une guerre à l’autre, par Robert Michelin
·        Images anciennes de Seurre, du xviie au xixe siècle par Anne-Marie Constancias
 
Patrimoine vivant :

·        Un exemple de patrimoine oral sauvegardé des années 1935 à 1965 : le patois, par Catherine Benoît.
·        Tableaux de Saint-Jean-de-Losne au milieu du xxe siècle, par Michelle et Pierre Marie Guéritey

48 pages abondamment illustrées par des photographies et des reproductions de documents d’archives inédits.

 



Cette publication de l’association Saône Nature & Patrimoine bénéficie de l’aide de la fondation AGIR de la caisse régionale Champagne Bourgogne du Crédit Agricole.




On peut se procurer ce bulletin auprès de:

Saône Nature et Patrimoine
Mairie de Saint-Jean-de-Losne
Rue de la Liberté
21170 Saint-Jean-de-Losne

Prix : 12 € + frais de port (voir bulletin de commande)



 Le bulletin n°1:

 
 est encore disponible dans les mêmes conditions:


La 6e journée d’études Histoire et Patrimoine du Val de Saône aura lieu à Pagny-le-Château le samedi 14 novembre 2015.
 
(Gratuit et ouvert à tous, renseignements au 03 80 79 08 33).

mercredi 5 août 2015

Le bastion de pierre : un site archéologique à explorer

L’actuel quai Molière borde d’un côté l’ancien mur de la ville et de l’autre les bâtiments industriels désaffectés de CBV au bord de la Saône.
Ce terrain est l’ancien « bastion de pierre » construit après le siège de 1636.

 

En mai 1636, le roi de France (Louis XIII) qui craignait que les francs comtois ne viennent établir dans l’abbaye de Losne un poste fortifié en face de la place forte française de Saint-Jean-de-Losne, ordonne la démolition de l’abbaye. Ni les habitants de Saint-Jean-de-Losne ni ceux du village de Losne n’ont eu leur mot à dire dans cette affaire.
Les bâtiments et l’église de l’abbaye sont démolis à partir de juin 1636 et les matériaux, qui encombraient le village, transportés sur la rive droite. Après le siège, les Saint Jean de Losnais s’en serviront en 1637 pour réparer les remparts et construire un nouveau bastion en pierres.
Une nouvelle église est construite à Losne partir de 1695 et consacrée le 10 août 1699
 Ce « bastion de pierre », en amont du portail neuf ou port de l’Hôpital est un terrain gagné sur la rivière, adossé au mur de la ville, remblayé à l’aide des démolitions de l’abbaye et entouré d’une muraille construite avec les pierres de celle-ci.
Le cimetière y a été installé de 1792 à 1823. Après le déplacement du cimetière intercommunal sur le territoire de Saint-Usage, ces terrains ont été loués par la ville à des particuliers pour y faire des jardins ou entreposer des matériaux.

 
Situation de l'ancien cimetière sur le bastion de pierre (plan d'alignement 1843)

Dans son ouvrage L'Abbaye de Notre-Dame de Lône et ses succursales, de l'ordre de Cluny : étude historique d'après les documents originaux, avec carte et plan des lieux, (Dijon : Rabutot, 1864), Philippe Dhétel notait, p 176.
« Ce n’est plus aujourd’hui qu’une hideuse ruine d’où l’on voit de temps à autre émerger d’un blocage de mortier une pierre tombale des religieux de Lône Je me rappelle avoir vu il y a vingt ans la partie supérieure d’une de ces belles pierres roses sur laquelle l’image du défunt était gravée au trait La brisure de la pierre ne laissait voir que le buste et les mains jointes sur la poitrine avec un fragment d’arcature ogivale.».
Ainsi, sur ce terrain, dans les années 1840, on voyait des pierres gravées, que Dhétel identifie comme des pierres tombales de l’ancienne abbaye de Losne, mais il pouvait rester aussi des fragments des monuments du cimetière, du début du XIXe s.

Enfin, la société CBV y a installé un ensemble de bâtiments industriels dans les années 1950, repris ensuite par la société Deutz-Marine et aujourd’hui à l’abandon depuis de nombreuses années. (Le bâtiment de l'ancienne chaudronnerie Jovignot, exploité aujourd'hui par l'Atelier Fluvial se trouve aussi sur ce "bastion de pierre", cf. plan de Saint-Jean-de-Losne ci-contre).

vue aérienne (vers 1960) 

 

Autre vue aérienne (Carte postale vers 1960)

Le sol de ce terrain renferme encore certainement des vestiges des bâtiments et de l’église de l’ancienne abbaye de Losne, ainsi que des restes de monuments funéraires de l’époque révolutionnaire et du début du XIXe s. (voire plus anciens, apportés de l’ancien cimetière en 1792), demeurés en place après  le transfert du cimetière en 1823.
Une exploration archéologique préalable devra être programmée avant toute éventuelle opération future d’urbanisme sur ce site, pour recueillir les vestiges de l’Abbaye de Losne et des anciens cimetières de Saint-Jean-de-Losne.

Pierre Marie Guéritey 05 08 2015
 


lundi 20 juillet 2015

Monuments aux morts du canton : Saint-Jean-de-Losne


 
Alors que l'an dernier à pareille époque, on ne parlait que de la commémoration de la guerre de 14-18, il n'en est plus guère question aujourd'hui. Et pourtant, il y a 100 ans, la guerre continuait...
En août 1915, on accorde des permissions



Dès que cette guerre sera enfin terminée, on pensera à honorer la mémoire des morts.
Le 14 novembre 1918, le conseil municipal de Saint-Jean de-Losne décide de faire placer sous le proche de l’Hôtel de Ville une plaque de marbre avec les noms des morts pour la France.
Ce projet est resté sans suite, et le 24 mars 1919, le conseil crée une commission chargée de faire construire un monument aux morts, et d’ouvrir une souscription : la ville souscrit d’emblée pour un premier versement de 2000 F.
Le 18 mars 1921, le conseil décide d’acquérir la maison Saunier frappée d’alignement à l’angle du quai Lafayette et de la place de la marine. Cette maison sera démolie pour laisser la place au monument projeté.
La ville contracte un emprunt de 10000 F pour couvrir l’achat de la maison, la construction du monument et l’aménagement de la place, confiés à l’architecte Auguste Drouot de Dijon (1881-1958).
Une séance artistique est organisée au profit de la construction du monument, avec la participation de la cantatrice Marcelle Demougeot, de l'opéra,  originaire de Saint-Jean-de-Losne .
Depuis 1919, et jusqu’en 1921, les cérémonies commémoratives de l’armistice étaient organisées au cimetière, devant le monument aux morts de la guerre de 1870.

Le monument aux morts de la guerre de 1870 devant la chapelle du cimetière
Le dimanche 13 novembre 1921, l’ordre du cortège qui se rendait au cimetière était le suivant :
1-      Les mutilés
2-      Les enfants des écoles
3-      L’harmonie municipale
4-      Les volontaires de Belle-Défense
5-      Les vétérans
6-      Les chasseurs à pied
7-      Le souvenir Français
8-      Les jeunes de Belle-Défense
9-      La Société de secours mutuels
10-  Le conseil municipal
 
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La nouvelle place s’appelle désormais place de Verdun, et l’inauguration du monument portant les noms des 57 soldats de Saint-Jean-de-Losne morts pour la France a lieu le dimanche 12 novembre 1922.
La place de Verdun aujourd'hui

Le monument aux morts en 1922

Le monument aux morts aujourd'hui
 Aucun document ne désigne le sculpteur, mais la statue est signée d’Eugène Piron
 

Eugène Piron né à Dijon le 30 avril 1875, élèves des Beaux-Arts de Dijon puis de Paris, grand prix de Rome en 1903 a réalisé le célèbre monument aux morts de Salon-de-Provence, où il s’est installé et où il est mort le 17 novembre 1928.
Il a collaboré avec les sculpteurs Paul Gasq (1860-1944), Henri Bouchard (1875-1960), et Jean Dampt (1854-1945) tous anciens élèves de l’école des Beaux-arts de Dijon, pour le monument aux morts de Dijon construit sous la direction d’Auguste Drouot, inauguré le 9 novembre 1925. (situé sur le rond-point Edmond Michelet à l’intersection du cours du parc de la Colombière et du cours général de Gaulle).
 
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les plaques commémoratives des morts des trois communes constituant la paroisse: Saint-Jean-de-Losne, Echenon et Saint-Usage , sont placées en 1924, dans l'église paroissiale, avec l'autorisation des monuments historiques.
  
Pierre Marie Guéritey

à suivre : le monument aux morts de Brazey-en-Plaine