Saint-Jean-de-Losne, charmante cité bourguignonne située en bord de Saône, premier port fluvial de plaisance en eau intérieure, au passé glorieux, est aimée des peintres, des vacanciers, des touristes et des plaisanciers. Nous tenons à elle, et c'est pourquoi nous avons décidé de vous parler de son patrimoine, de son histoire, des activités culturelles, associatives et sportives qui s'y déroulent. Soyez nombreux à nous lire. Merci. Pierre Marie et Michelle Guéritey

mardi 21 août 2012

Ne manquez pas le concert trompette et orgue ce dimanche à l'église de Saint Jean de Losne

« Claviers d’été » Saint-Jean-de-Losne - Eglise Saint Jean-Baptiste  - Dimanche 26 août à 17 heures - Concert trompette et orgue, avec Guy Messler et Jean-Pierre Rolland.
Après un brillant parcours de formation s’achevant au Conservatoire National Supérieur de Lyon, Guy Messler entre comme trompette solo à l’Opéra National du Rhin en 1983 jusqu’en 2005 après avoir fait le choix de l’enseignement en lien avec une carrière d’interprète.
Il est invité comme soliste dans des orchestres référents comme : l'Orchestre de chambre de la Follia, I solisti Veneti, sous la direction de Claudio Scimone, l'Orchestre de chambre de Lausanne sous la direction de Michel Corboz, l'Orchestre de chambre du Bade Württemberg sous la direction de Jörg Faerber où il enregistre les doubles concertos de Molter avec Guy Touvron, l'Orchestre de chambre d'Auvergne sous la direction de Arie van Beek et l'Orchestre de chambre de Stuttgart sous la direction de Helmut Rilling.
Régulièrement associé aux productions de l'Opéra de Paris, il joue sous la direction de Valery Gergiev. Il est également membre de l’ensemble des cuivres français sous la direction de Thierry Caens.
Titulaire du Certificat d'Aptitude de professeur de trompette, il intègre l'Ecole Nationale de musique de Mulhouse avant d'être recruté au Conservatoire National de Région de Rouen en 2007.

L'organiste Jean-Pierre Rolland (qui a des attaches familiales à Saint-Jean-de-Losne) connaît bien l'orgue de l'église paroissiale et l'apprécie beaucoup ; il a donné déjà plusieurs concerts sur cet instrument.
Jean-Pierre Rolland a effectué ses études musicales au Conservatoire National de Région de Marseille, puis au Conservatoire National Supérieur de Lyon (orgue, improvisation) et au Conservatoire Royal de Musique de Liège (direction d’orchestre). Diplômé pour ces trois disciplines, il est également titulaire du Certificat d’Aptitude aux fonctions de professeur d’orgue et enseigne cet instrument, ainsi que l’improvisation individuelle et collective, au Conservatoire à Rayonnement Régional de Douai. Il est également conseiller technique, chargé du suivi de l’entretien des orgues de cette ville.
Attaché à la conservation et à la mise en valeur du patrimoine, il préside l’Association Douaisienne des Amis des Orgues, et organise à ce titre une saison annuelle de concerts. Il fait partie de l’équipe des organistes du temple Saint Eloi de Rouen (Eglise Réformée de France). Concertiste, il se consacre tout particulièrement à la rencontre entre l’orgue et d’autres instruments, se produisant avec voix, flûte à bec, saxophone, basson, bombarde, trompette et violoncelle, dans un répertoire original comportant une part de création. Il a enregistré pour Coop Breizh, Arion et Hortus. Son premier disque en soliste, la Saveur des Dissonances, à l’orgue historique de Saint Jean de Losne a retenu l’attention de plusieurs revues spécialisées (5 diapasons, novembre 2009).
Les deux concertistes ont choisi pour le programme de ce concert des œuvres de Torelli, Bach, Albinoni, Viviani, Vivaldi et Clérambault, mettant en valeur l'orgue et la trompette.

Au programme : oeuvres de Torelli, Bach, Albinoni, Viviani, Vivaldi et Clérambault.
Orgue Bénigne Boillot 1768.
Ce concert qui s’annonce varié et agréable, est proposé par l’association Promo Saint-Jean (Entrée 6€, gratuit jusqu'à 14 ans). Rens. promostjean@wanadoo.fr et 03 80 29 04 44.

samedi 18 août 2012

Le mobilier de l’église de Saint-Jean-de-Losne : les confréries et le bateau suspendu dans l'église

Dès le début du XIXe s., les confréries se reconstituent rapidement en grand nombre dans la paroisse. Chaque confrérie est attachée à la vénération de son saint patron, les confrères payent pour être reçus et acquittent une cotisation annuelle. Outre les cérémonies religieuses attachées à la fête du Saint, les confrères doivent assister aux obsèques des confrères défunts, et généralement, ils s’engagent à mener une vie digne et respectueuse des principes de la religion.
Chaque confrérie paye annuellement une certaine somme à la paroisse pour disposer d’une chapelle où elle expose ses objets de dévotion : en général une statue de son saint patron et/ou un bâton de procession portant une petite statue du Saint entourée de deux flambeaux. La confrérie rétribue le clergé, les chantres, l’organiste … pour les offices qu’elle demande à la paroisse. Elle est dirigée par un bâtonnier assisté d’un trésorier.
La paroisse comprend les communes de Saint-Jean-de-Losne, Saint-Usage et Echenon.
On trouve pendant tout le XIXe siècle et jusque au début du XXe siècle les confréries suivantes :
Saint-Jean-Baptiste, qui réunit les familles des principaux notables de la paroisse
Saint Eloi : cultivateurs, artisans …
Saint Catherine : jeunes filles
Saint Barbe : mères chrétiennes
Saint Sacrement
Saint Christophe
Saint Nicolas : jeunes garçons et mariniers.
La Confrérie du Rosaire (Saint François Xavier) et la confrérie du Sacré-Cœur de Jésus se développent surtout à la fin du XIXe siècle.

On fête Saint Nicolas début décembre, et souvent, dans la même semaine, sont célébrées les fêtes de Sainte Catherine, de Sainte Barbe, la grande fête diocésaine de Saint Bénigne, et  le 8 décembre la fête de l’Immaculée Conception.
La fête de Saint Nicolas  ne revêt donc pas alors une solennité exceptionnelle. A la fin du XIXe, on célèbre ce jour-là une grand-messe à 9h, à laquelle les confrères sont priés d’assister et certaines années le curé ajoute en chaire le dimanche précédent « de ne pas être en retard »….

La chapelle de Saint-Nicolas dans le bras nord du transept est aujourd’hui celle de Sainte Thérèse de Lisieux, dont la statue a remplacé sur l’autel la statue du Saint (il s’agissait d’une petite statue en bois polychrome destinée à être portée sur le bâton de procession). Le bateau suspendu au-dessus de l’autel rappelle encore aujourd’hui la destination de cette chapelle.
Bien que d’autres objets analogues se trouvent dans les églises des villes en bordure de mer ou même sur la Saône à Seurre, le bateau  de Saint-Jean-de-Losne est exceptionnel par sa taille et son allure de frégate particulièrement réussie.
La coque est assemblée en planches minces de bois et par les sabords sont pointés des canons factices. Le bateau est suspendu à une console en fer forgé et l’inscription qu’il porte "Le Saint Nicolas le 6 décembre 1826" indique clairement qu’il s’agit de l’emblème de la confrérie, installée le jour de la fête de Saint Nicolas.
Une vue ancienne de l’intérieur de l’église (1936) montre que le bateau était jadis dirigé dans l’autre sens, la poupe vers la nef, un drapeau tricolore à franges dorées y était suspendu. On voit nettement la statue de Saint-Nicolas sur un socle avec deux chandeliers au-dessus du tabernacle et sur la côté gauche de l’autel un bâton de procession aujourd’hui disparu, avec la représentation de Saint Nicolas entouré des trois petits enfants qu’il a sauvés du saloir du charcutier
 Seul objet conservé de l'aménagement de la chapelle, classé monument historique en 1962, le bateau s’est dégradé rapidement ces dernières années (rupture d’un mât vermoulu, affaissement partiel du gréement), sa restauration va être bientôt entreprise.
©Texte et Photos Pierre Marie Guéritey

La sculpture bourguignonne à Saint-Jean-de-Losne (4)

Les statues de Saint Marcou et de Saint Christophe, en pierre polychrome, de l’église de Saint-Jean-de-Losne.

Saint Marcou
Selon la tradition, cette statue en pierre polychrome placée dans la chapelle Ste Jeanne d’Arc représente Saint Marcou, avec un donateur en prière agenouillé devant lui.
Saint Marcou a vécu au VIe siècle, fondateur de l'abbaye de Nanteuil, près de Coutances en Normandie, il est connu comme guérisseur des écrouelles et par extension, il est réputé pour guérir les furoncles et les abcès.
Pierre Camp, d’après la coiffure du donateur et les détails d’exécution du manteau du Saint, pense que cette statue a été réalisée vers 1450, à l’époque de Philippe le Bon.

Saint Christophe
La statue de Saint-Christophe, également en pierre polychrome, du XVe siècle, est exposée à l’entrée du transept nord. Selon la légende, Saint Christophe était une sorte de géant et exerçait le métier de passeur, faisant traverser la rivière aux voyageurs en les portant sur son dos.
Un jour, un enfant lui demande le passage, et l’ayant chargé sur ses épaules, Saint Christophe s’étonne du poids extraordinaire de celui-ci. C’est l’Enfant Jésus qui lui explique : « je suis aussi lourd car je porte le monde, c’est moi qui l’ai créé ».
La statue de Saint-Jean-de-Losne représente Saint Christophe vêtu d’une courte tunique sur laquelle est drapé un ample manteau ; il porte sur l’épaule gauche l’enfant Jésus qui lui montre le globe du monde qu’il tient dans sa main gauche. Le bâton noueux, sur lequel s’appuie Saint Christophe, était tenu par les deux mains, la partie supérieure du bâton et la main droite ont disparu.
Cette statue dégage une impression de force et de mouvement, donnée par les deux diagonales croisées formées par les jambes, le bras gauche et le bâton.

Ces deux statues, de petite taille (< 1 m.), sont classées monument historique depuis 1912.

© Pierre Marie Guéritey, texte et photos.