A mi-chemin entre Dijon et Dole, Saint-Jean-de-Losne n'a pas comme seul titre de gloire d'être une des plus petites communes de France!... Son patrimoine évoque un passé glorieux et prospère. Des manifestations notamment culturelles s'y déroulent, qui méritent d'être découvertes. Il ne suffit pas d'y passer en bateau ou en vélo, il faut s'y arrêter...

jeudi 1 avril 2021

A nouveau des trains entre Saint-Jean-de-Losne et Lons-le-Saunier

     La remise en service des lignes de chemin de fer abandonnées : une priorité annoncée.

           La ligne Saint-Jean-de-Losne Lons-le-Saunier, inaugurée le 23 juillet 1905 en présence du ministre de l’Intérieur, du ministre des Transports, du président du conseil général et des maires de Saint-Jean-de-Losne et de Lons-le-Saunier était à l’abandon depuis de nombreuses années. (cf. http://saint-jean-de-losnetourisme.blogspot.com/2011/09/journees-du-patrimoine-2011-le-voyage.html )

    L’inauguration officielle de cette ligne remise en service, qui desservira de nombreux villages doit avoir lieu prochainement

    Quittant la gare de Saint-Jean-de-Losne, à l’entrée de la bifurcation de Chaugey, la rame TER de reconnaissance va s’engager sur la ligne en direction de Lons-le-Saunier. Pour ces essais confidentiels, Il s’agit d’un matériel ancien, mais lors de l’ouverture prochaine de la ligne aux voyageurs, des rames légères, durables et écoresponsables, d’une conception entièrement nouvelle, seront mises en service.

(De notre correspondante à Losne, Photographie © Davrille Dupoisson)

 

lundi 18 janvier 2021

Fin de la terrible année

     

 

  Au moment de sortir de l’année 2020, et de souhaiter à tous une bonne et heureuse année 2021, jetons encore un regard sur la terrible année 1709, et quelles ont été les mesures adoptées par certains pour sortir de la crise.
Jacques Declume du couvent des Carmes de Saint-Jean-de-Losne a donné force détails sur l’épidémie qui a décimé la population : http://saint-jean-de-losnetourisme.blogspot.com/2020/11/une-terrible-epidemie-en-bourgogne.html

De son côté, le secrétaire du chapitre de la collégiale Notre-Dame de Beaune (Blaise Dutu) a inséré dans le registre des délibérations du chapitre (AD21, G2545) un long mémoire où il explique comment la ville de Beaune s’est organisée pour résister à la disette.(Ce texte est transcrit dans l’inventaire de la série G des archives départementales de la côte d’Or  https://archinoe.fr/console/ir_ead_visu.php?PHPSID=cccf4e0cf9215df6068251a1c11088c9&ir=26597#

On en trouvera aussi la transcription par le lien ci-dessous 

 BEAUNE 1709


AD21, G2545, p.168

Dans la première partie (5 mai 1709), il expose les causes de la crise en remontant aux années précédentes. Il évoque « les chaleurs de l’été de 1707 si excessives qu’elles tuoient les ouvriers en la campagne » (déjà le "réchauffement climatique" ?) et raconte le « terrible hiver » qui a sévi de janvier à mars 1709, terminé par la débâcle à partir du 22 février, « qui en peu de temps fit fondre les neiges dégela les rivières et les enfla de furie que partie des ponts de la Saône et du Rosne furent entrainés par des montagnes de glace que les eaux charroient avec rapidité ». Il dénonce les achats excessifs des marchands de Lyon qui ont fait sortir de Bourgogne en 1708 « plus [de] huit cent mille bichets de bled [Environ 4800 tonnes !] ».

Le 31 décembre 1709, il expose les mesures prises dans la ville de Beaune, et il se félicite de leur efficacité affirmant qu’elles ont maintenu dans la ville « une petite abondance », il constate aussi que si à Macon, source de l’épidémie, elle 

a fait 1200 morts et à Chalon-sur-Saône 2000, il n’y a eu à Beaune que 300 victimes. Un satisfecit qui conclut ce rapport sur cette année qui fut « l’année de la colère de Dieu » 

Ces mesures peuvent se résumer ainsi :

- Anticipation : dès le début de la crise un comité opérationnel est créé qui organise des approvisionnements d’urgence effectués dans les villages alentour (par des méthodes d’ailleurs assez discutables…)

- Secours aux pauvres : ils sont exactement recensés et répartis en 4 classes :« La première des vieux, la 2e des infirmes, la 3e des mendiants valides et des enfants en état de travailler et la 4e des enfants en bas âge »

Les deux premières catégories sont hébergées chez des bourgeois aisés qui devront assurer leur subsistance, des soupes populaires quotidiennes sont organisées pour la 3e catégorie, et des distributions de bouillies pour les mères allaitantes.

- Mesures de police strictes, avec une milice bourgeoise qui garde les 4 portes de la ville, fouille les entrants et les sortants, et effectue des rondes dans la ville et les faubourgs.

- Étroite surveillance et gestion rigoureuse des « greniers d’abondance ». Après recensement des ressources et des besoins de chaque famille, distribution de quantités adaptées de blé et de farine à chacune.

- Financement d’une partie du prix des achats de blés par les communautés religieuse et les habitants les plus riches pour diminuer le prix payé par les familles de la ville.

Beaune et ses faubourgs (atlas des routes, AD21)

En lisant ce texte, on ne peut s’empêcher de se poser quelques questions:

- Sans douter de la sincérité de Blaise Dutu, on peut s’interroger sur la réelle acceptation spontanée et unanime  de cet état d’urgence par tous les habitants de Beaune.

 - on peut aussi se demander quelles ont été les conséquences de cette organisation de la ville sur la population des « paisans » de la campagne avoisinante, dépouillés de leurs provisions et impitoyablement pourchassés dès qu’ils tentaient de s’approcher de la ville et de ses faubourgs ….

 

Bibliographie :

François Delessard, « La crise de 1709-1710 en Bourgogne : les autorités provinciales et la remise des terres en culture », Annales de Bourgogne : revue historique trimestrielle publiée sous le patronage de l'Université de Dijon et de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, Tome XXIX n°114, avril-juin 1957, p 81-112. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3205397z/f5.item.r=beaune%201709

Yvette Darcy-Bertuletti, Tableau des mesures les plus courantes en usage dans le pays beaunois. http://www.beaune.fr/IMG/pdf/Metrologie.pdf

 

lundi 16 novembre 2020

Une terrible épidémie en Bourgogne


          L‘année 1709 a été marquée par une grande famine due à une conjonction de conditions climatiques exceptionnellement défavorables en janvier :

le 1er novembre 1709, le Frère J. Perreault, procureur de l’abbaye de Maizières écrit :

« Mémoire de la malheureuse année 1709

 En automne de 1708,  pendant les semailles, il fit des pluies presque continuelles, ce qui fut cause qu’on sema fort tard et que les blés n’eurent pas le temps de prendre bonne racine avant la gelée qui arriva de bonne heure, car en allant à la foire de Verdun [28 octobre] il y avait de la glace par les chemins, cette gelée ne dura pas beaucoup. Le temps s’étant radouci, les blés commencèrent à trésir partout et devinrent beaux, il n’y eut pas de froid considérable jusqu’au jour des Rois de 1709 qu’il s’éleva le matin une bise assez grande, il plut sur les dix heures du matin et sur les deux heures après midi la bise devint si forte et le froid si violent qu’on [n’] en avait pas vu de semblable, cette bise dura 17 jours et fut si forte que les hommes mouraient sur les chemins, il y eut beaucoup de neige mais elle tomba trop tard car la terre était gelée communément de trois pied de profondeur, les blés furent gelés et morts les arbres perdu et morts surtout les noyers [...] »

AD71, J4

            La disette n’a semble-t-il pas été la seule cause de la surmortalité constatée pendant l’année 1709 : la même année, une terrible épidémie a ravagé la Bourgogne pendant plusieurs mois. Le 28 février 1710, le frère Jean Baptiste Declume, prieur et procureur du couvent des carmes de Saint-Jean-de-Losne en a fait une relation circonstanciée, insérée dans le « livre des recettes et dépense du couvent des R.P. Carmes de la ville de St Jean de Lône ».

            Ce document nous est parvenu grâce à la copie qu’en a faite  Nicolas Fleury, avocat et procureur à Saint-Jean-de-Losne, receveur de ville et de la fabrique jusqu’à sa mort le 17 février 1780, dans son manuscrit : Annales de Saint Jean de Losne : Supplément aux annales de Saint Jean de lône Contenant un second recueil de plusieurs pièces notables tant anciennes que nouvelles concernant ladite ville, lesquelles ont été trouvées et découvertes depuis le premier recueil fait en 1761, avec la continuation d'icelles annales jusqu'en la présente année 1773. Le tout tiré des papiers et registres tant de l'église paroissiale que de l'hotel de ville et du jeu de l'arc de ladite ville et mis en ordre chronologique par Me Nicolas fleury avocat à la cour, ancien échevin et receveur actuel de la même ville.

(Collection de Martène, château d’Estrablin, AD21, 1Mi 435 et 1 Mi 436)

            Ces manuscrits de Nicolas Fleury ont été largement utilisés par Philippe Dhetel pour la rédaction de son ouvrage historique sur Saint-Jean-de-Losne : Annales historiques de la ville de St Jean de Losne Côte-d'Or et ancien Duché de Bourgogne depuis ses origines jusqu'à 1789 et d'après les archives départementales et communales, 2 vol, Paris, Ancienne librairie Honoré Champion éditeur, 5, quai Malaquais, 1908.

            Une liasse de notes préparatoires prises par Dhetel, en particulier dans les manuscrits de Fleury, se trouve maintenant aux archives départementales de la Côte-d’Or (AD21, AJ0 775). Dhetel a recopié in extenso le mémoire de Jean Baptiste Declume, mais dans son ouvrage, il a seulement  traité de la crise des subsistances sans  évoquer l’épidémie.

            Le texte de Jean Baptise Declume révèle une véritable hécatombe dans toute la province en 1709, mais ne précise pas la nature de la maladie, que dit-il ?

- L’introduction de la maladie est due à des « pauvres », étrangers à la province qui, venant y chercher des aumônes ont amené la maladie avec eux.

- Les foires ont été un  véhicule efficace de la contagion

- la maladie a tué principalement des adultes

-certaines parties de la province ont été plus touchées que d’autres

- Les malades qui ont guéri ont mis très longtemps à se remettre

-L’épidémie a eu de graves conséquences économiques

 

            Declume remarque l’efficacité d’une certaine forme de confinement de la ville de Dole. Il constate, et s’en étonne presque, que nombre de victimes appartiennent aux classes aisées. Enfin, il évoque longuement les traitements appliqués par les médecins tout en soulignant leur empirisme et leur relative inefficacité… 

Aujourd’hui, à la fin de l’année 2020, ce texte vieux de plus de 300 ans est instructif à bien des égards…

à lire ci-dessous :

LE MEMOIRE DE JEAN-BAPTISTE DECLUME

consulter aussi :

https://www.archives71.fr/arkotheque/client/ad_saone_et_loire/_depot_arko/articles/82/hiver-1709_doc.pdf

 

mercredi 16 septembre 2020

Le Groupe scolaire de Saint-Jean-de-Losne


            Le thème des journées du Patrimoine 2020 : « Patrimoine et éducation : apprendre pour la vie ! » aurait dû inciter la ville de Saint-Jean-de-Losne à mettre en valeur un bâtiment exceptionnel aussi bien par son architecture que par son histoire : 

Le groupe scolaire, œuvre de l’architecte Alfred Sirodot, ingénieur des arts et manufactures, et architecte à Dijon (°Gray, 7 juillet 1831 -Dijon 28 novembre 1900).

             Alors que tous les villages des alentours ont construit une école moderne depuis plusieurs années, la ville de Saint-Jean-de-Losne, à la fin des années 1870, n’avait qu’une école de garçons installée dans l’ancien hôtel de ville place d’armes et une école libre de filles rue de l’Hôpital.

           La ville dont les finances étaient asséchées par des dettes antérieures (notamment consécutives à la guerre de 1870)  ne disposait ni d’un terrain approprié ni de l’argent nécessaire pour envisager une construction comparable à celle réalisée par exemple à Brazey-en-Plaine en 1854 par l’architecte Alfred Chevrot dont on trouvera les images dans la brochure de l’exposition que j’ai réalisée aux Archives départementales en 2017 : « Le val de Saône monumental au XIXe siècle » :

https://fr.calameo.com/read/0015242707f4638833a4f

             Charles Gabriel Mouillon, entrepreneur et  maire de Saint-Jean-de-Losne de 1871 à 1888 parvient  à réaliser un ensemble scolaire digne de la ville, alors chef-lieu de canton. Un premier projet élaboré en 1876 par l’architecte auxonnais Claude Phal (Perron), (°Auxonne 26 février 1822-21 août 1889) n’aboutit pas.

             La ville achète une propriété joignant la place des Halles et la rue du Château et l’architecte dijonnais Alfred Sirodot présente un projet plus ambitieux en 1881.  Ce projet est modifié pour être conforme au  Règlement pour la construction et l'ameublement des maisons d'école arrêté par le conseil  supérieur de l'Instruction publique et promulgué par Arrêté ministériel du 11 juin 1880. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5818370c/f25.image.vertical (Source gallica.bnf.fr / BnF), en ce qui concerne le nombre d’élèves par classe ne devant pas dépasser 50 (les écoles construites auparavant avaient une salle unique pour les garçons et une pour les filles pouvant accueillir chacune la totalité des garçons et des filles du village), le mobilier scolaire et les logements de l’instituteur et de l’institutrice etc. La construction est adjugée le 3 février 1883 à Gabriel Humbert entrepreneur à Arc-et-Senans pour 9526153 F. On trouvera aussi les plans du groupe scolaire de Saint-Jean-de-Losne dans la brochure de l’exposition « le val de Saône monumental au xixe siècle » :

https://fr.calameo.com/read/0015242707f4638833a4f

             Peu de temps après, la ville achète une propriété contiguë, ce qui permet de compléter l’ensemble par une école maternelle dans l’ancien bâtiment conservé du couvent des Ursulines.

Ecole maternelle, ancien bâtiment du couvent des Ursulines 

             Ainsi se trouve à saint-Jean-de-Losne un grand ensemble scolaire conçu par Alfred Sirodot en application des règlements ministériels de 1880. Le « cours complémentaire » devenu collège a été abrité aussi ensuite dans ces bâtiments jusqu’à la construction du collège des Hautes Pailles sur le territoire de la commune d’Echenon.

Le mur de séparation entre la cour des filles et la cour des garçons n'existe plus ..

Bâtiment central et façade rue du château
(école des filles)

Façade sur la place des halles (école de garçons) et bâtiment central

C’est aujourd’hui l’école primaire de Saint-Jean-de-Losne, à laquelle a été donné récemment le nom de Groupe Scolaire Yvonne Kieffer.

   Née le 21 février 1907 à Roscanvel , domiciliée à Saint-Jean-de-Losne, pendant la guerre Yvonne Kieffer  a été employée comme secrétaire à la Kommandantur . Après avoir aidé de nombreuses personnes pour avoir des papiers etc…, elle a été arrêtée comme résistante et déportée en camp de concentration. Elle est déportée le 26 juillet 1943 de Paris gare de l’Est et arrivée à Sarrebruck le 27 juillet 1943 – Repartie le 30 juillet pour Ravensbrück et arrivée le 1er août 1943, libérée  par La Croix Rouge  à Ravensbrück, et rapatriée. 

Yvonne Kieffer est décédée à Saint-Jean-de-Losne le 5 novembre 2006. 

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Je développerai plus longuement l'histoire de l'enseignement à Saint-Jean-de-Losne au xixe siècle, lors d'une prochaine journée Histoire et Patrimoine du Val de Saône (Saône Nature & Patrimoine).

Pierre Marie Guéritey

vendredi 3 avril 2020

Poissons d’Avril


Les poissons d’avril sont confinés cette année…
(créations de la  faïencerie de Longchamp, après les célèbres poules...)


jeudi 26 mars 2020

Sonnerie des cloches ce mercredi 25 mars 2020

Il y a un peu plus de 3 tonnes de bronze dans le clocher de l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Losne .... 
écoutez ...

vendredi 20 mars 2020

La restauration de l’église Saint-Jean-Baptiste

Ce chantier important devrait commencer dans quelques mois.
Depuis plusieurs années, nous avons publié dans ce blog de nombreux articles, fruits de nos recherches, concernant ce monument : le mobilier, les cloches, les stalles, la chaire, l’orgue, la méridienne, le bateau de la société de secours mutuel etc… vous pouvez facilement les retrouver en utilisant la fonction rechercher
La souscription est ouverte pour participer au financement de la restauration de l’église de Saint-Jean-de-Losne par l’intermédiaire de la fondation du patrimoine :

Les quelques images ci-dessous devraient vous persuader de l'importance et de la nécessité de ce chantier qui va commencer par la collecte des eaux pluviales, le drainage, la reprise des toitures et des parements de briques extérieurs endommagés par l'humidité et les intempéries, la restauration du portail...
La façade est et le portail renaissance

Détail des dégradations du portail

La toiture des chapelles latérales au nord
Maître d'ouvrage : la commune de saint-Jean-de-Losne
Maître d'oeuvre : Eric Pallot ACMH