Saint-Jean-de-Losne, charmante cité bourguignonne située en bord de Saône, premier port fluvial de plaisance en eau intérieure, au passé glorieux, est aimée des peintres, des vacanciers, des touristes et des plaisanciers. Nous tenons à elle, et c'est pourquoi nous avons décidé de vous parler de son patrimoine, de son histoire, des activités culturelles, associatives et sportives qui s'y déroulent. Soyez nombreux à nous lire. Merci. Pierre Marie et Michelle Guéritey

vendredi 22 avril 2011

Saint Jean de Losne : les cloches sont parties mais reviendront bientôt !

Les cloches partent à Rome chaque année ! C’est ce qu’on dit aux enfants… et elles reviennent le matin de Pâques, dans le clocher, après avoir déversé dans les jardins des œufs décorés ou en chocolat que les enfants vont chercher.
Depuis le XIIe siècle, les cloches des églises se taisent pendant la commémoration de la Passion du Christ (depuis le soir du jeudi Saint, jusqu’à la proclamation de la résurrection au cours de l’office de la nuit pascale).
Dans la tour carrée du clocher de l’église de Saint-Jean-de-Losne se trouvent deux chambres superposées. Au premier niveau, la grosse cloche, à l'étage supérieur, les trois autres.
Avant la Révolution, déjà, les cloches étaient à la fois la voix de l'église, annonçant les offices religieux, et de la ville, servant aussi à convoquer le conseil en séance ou l'assemblée des habitants pour de graves décisions, prévenant la population des dangers, incendies, invasions... .
Vers 1850, la grosse cloche, probablement antérieure à la Révolution, était fêlée. La municipalité s'en inquiète et consulte plusieurs artisans pour la refondre. Le 30 novembre 1870, pendant la guerre, le conseil municipal, dans un grand élan patriotique propose à l'unanimité "d'offrir à la défense nationale la grosse cloche de l'église pour fondre un canon qui porterait le nom de Belle-Défense". On ne sait pas ce qu'il advint de cette généreuse proposition... En 1882, une souscription est ouverte et les quatre cloches que nous entendons aujourd'hui ont été fondues en 1883 par Paintandré Père et Fils fondeurs à Vitry-le-François (Marne).
Un peu de technique :
- Fabrication :
La cloche est un vase de bronze (alliage de cuivre et d'étain) fondu d’une seule pièce en position verticale, l’ouverture en bas, dans un moule de terre et de sable qui, évidemment ne sert qu’une seule fois.
- Fonctionnement :
La cloche est suspendue par ses anses à un joug, pièce de chêne montée sur deux coussinets qui permet son balancement. Ainsi le battant de fer articulé en son centre vient la frapper à l'intérieur alternativement de chaque côté de sa large ouverture. Pour porter cet ensemble, un assemblage de grosses poutres de chêne : le beffroi. Celui-ci n'est pas encastré dans les murs du clocher, mais simplement posé, pour transmettre aux murs le moins possible des efforts créés par le balancement de la cloche. Chaque cloche oscille entre deux poutres qui constituent une voie du beffroi
A Saint-Jean-de-Losne les voies des beffrois sont parallèles à la rue de la Liberté ; les cloches en oscillant déversent leur son alternativement du côté de la ville et du côté de la Saône. Le beffroi de la grosse cloche a deux voies dont une est vide, le beffroi supérieur a trois voies pour les trois petites cloches.
- Tintement et volée :
On utilise aujourd'hui deux manières de faire sonner les cloches :
Le tintement: la cloche est frappée à l'extérieur par un marteau électrique : c'est ainsi que l'on sonne les heures.
La volée, en entraînant les oscillations de la cloche à l'aide d'un moteur électrique avec une transmission par chaîne sur une roue fixée sur l'axe du Joug.
A Saint-Jean-de-Losne, les cloches sonnent en lancé, c'est à dire que le battant vient frapper à chaque oscillation au point le plus haut de l'ouverture. (Si au contraire le battant vient frapper en bas de l'ouverture, la cloche sonne en rétro-lancé). La volée en lancé produit un son plus franc et plus fort, mais les efforts sur le beffroi sont plus grands qu'en rétro-lancé.
Jusque dans les années 60, les cloches étaient sonnées en volée par le marguillier (Louis Bernier) et les enfants de chœur, avec des cordes qui descendaient dans l'église sous le clocher. Chaque cloche sonne sa propre note avec une périodicité d'autant plus longue que son poids est grand : la volée produit donc à la fois un rythme, une mélodie et une harmonie.
Les cloches sont aussi équipées chacune d'un marteau en fer forgé, jadis relié à un clavier rudimentaire qui existe encore et qui permettait de les tinter comme un carillon.
Deux petites cloches très anciennes, qu’on voit depuis la rue de la Liberté au sommet de la tour de l'horloge étaient commandées par celle-ci et, il y a une quarantaine d'années, on les entendait tinter un petit carillon aux quarts, demie et trois quarts...
- Décor et inscriptions :
Bien que peu de gens viennent les admirer, les cloches sont décorées de motifs directement venus de fonderie : des guirlandes de feuillages et des bas-reliefs représentant des saints ou des emblèmes religieux.
Elles portent aussi des inscriptions indiquant les noms du curé et du maire au moment de leur installation et ceux de leurs parrains et marraines. Car on baptise les cloches : avant de les installer dans le clocher, les cloches sont en général présentées dans l'église et "baptisées" au cours d'une cérémonie religieuse spéciale. Les parrains et marraines sont les généreux donateurs qui ont financé la fabrication de la sonnerie. Chacune des cloches porte ainsi, en plus de la mention du nom du fondeur :
Paintandré Père et Fils fondeur à Vitry le François, les noms du curé et du maire :
fondue l'an 1883 m germain louis marie vitteaux étant cure-doyen et m charles gabriel mouillon etant maire de saint jean de losne et les noms de ses parrain et marraine :
1- Grosse cloche (diamètre : 1,48 m, poids approximatif : 1900 kg, note : do3, tinte les heures)
j'ai eu pour parrain m louis coudor ppre negt a saint jean de losne et pour marraine louise aglae boudet dme reussel
2 - Seconde (diamètre : 0,98 m, poids approximatif : 600 kg, note : sol3, tinte les demies)
j'ai eu pour parrain james paul battault, ne a echenon, etudiant et pour marraine marie bienaime fille de monsieur louis bienaime negt a saint jean de losne, dme perrault
3- Troisième (Diamètre : 0,85 m, poids approximatif : 380 kg, note : la3)
j'ai eu pour parrain m. henri boilleau fils, cultivateur, ppre a saint USAGE, etudiant et pour marraine dlle jeanne chenot fille de monsieur charles cultivateur a saint usage.
4- Quatrième (diamètre : 0,78 m, poids approximatif : 300 kg, note : si3, sonne l'Angélus)
j'ai eu pour parrain m ernest guillot etudiant ne a saint jean de losne et pour marraine dlle armande royer nee a saint jean de losne.
Les parrains et marraines sont des habitants de Saint-Jean-de-Losne, Saint Usage et Echenon. Ainsi, les cloches de l’église Saint Jean-Baptiste portent inscrite l’unité des trois communes dans une seule paroisse. Les cloches sonnent l’angélus le matin à 7 heures, à midi et le soir à 19 heures. Les heures sont tintées sur la grosse cloche (le marteau électrique sera bientôt remis en service…) et les demies sur les deux suivantes. (La nuit, la sonnerie des heures est interrompue de 22h30 à 7h.).
Les cloches sonnées en volée annoncent les offices religieux ou avec un tintement spécial, le glas (enterrements).
Pierre Marie Guéritey.





Photos Pierre Marie Guéritey ©

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