Saint-Jean-de-Losne, charmante cité bourguignonne située en bord de Saône, premier port fluvial de plaisance en eau intérieure, au passé glorieux, est aimée des peintres, des vacanciers, des touristes et des plaisanciers. Nous tenons à elle, et c'est pourquoi nous avons décidé de vous parler de son patrimoine, de son histoire, des activités culturelles, associatives et sportives qui s'y déroulent. Soyez nombreux à nous lire. Merci. Pierre Marie et Michelle Guéritey

vendredi 9 octobre 2015

Tapage nocturne et incivilités à Saint-Jean-de-Losne

L’été, la ville de Saint-Jean-de-Losne est le théâtre de graves incivilités et tapages nocturnes, si on en croit les deux rapports suivants :
 « Ce jourd’hui onze juillet …
La chambre de l’hôtel de ville de St-Jean-de-Losne assemblée
Me Charles Oudry procureur syndic a remontré que depuis longtemps il lui a été porté des plaintes que différents particuliers de cette ville n’ayant pas soin de renfermer leurs chiens pendant la nuit, les laissent coucher dans les rues et font des hurlements qui épouvantent les habitants et troublent leur repos, invite la chambre de délibérer sur le parti à prendre sur cet objet en requérant à ce que la délibération qui sera prise sur cet objet soit publiée et affichée à ce que personne n’en ignorent.
…la chambre en renouvelant ses précédentes ordonnances a fait très expressément inhibition et défense à toutes personnes de telles condition et qualité qu’elles soient de laisser coucher dehors leurs chiens à peine de dix livres d’amende contre chacun contrevenant, et demeure néanmoins permis à toutes personnes qui en seraient incommodées de tirer ou faire tirer dessus et sera la présente ordonnance publiée et affichée aux carrefours de cette ville a ce que personne n’en ignore ».
 
Et encore :
« Ce jourd’hui vingt-trois juillet …
La chambre de police de la ville de St-Jean de-Losne assemblée
Me Charles Oudry procureur syndic a remontré que plusieurs personnes lui ont porté plainte qu’il y a quelques temps pendant la nuit les deux fils de Pierre Demougeot maréchal en cette ville accompagné d’autres jeunes gens dont on n’a pu décliner les noms au procureur syndic ont chanté et fait du bruit dans les rues dont plusieurs personnes ont été éveillées et s’en sont trouvé être incommodées.
Que la nuit de dimanche dernier vingt de ce mois au lundi 21 sur environ les onze et demi et minuit les nommé Hugues Gimelet fils d’Hugues Gimelet patron sur la rivière de Saône, Gervais Bouhey fils de la dlle Claude Bouhey, Soieux fils de Jean Baptiste Soieux portefaix, Charles fils de Claude Charles Maréchal et Boulée fis de Jacques Boulée cordonnier, tous résidants en cette ville ont chanté dans les rues et particulièrement dans la rue du Saule et sur le pont de cette ville des chansons obscènes et si malhonnêtes que les personnes qui étaient sur le pont à se promener et à prendre l’air furent obligées de se retirer ; qu’ils firent un si grand bruit en chantant que plusieurs personnes en furent éveillées et que le bruit occasionna l’aboiement et l’hurlement des chiens, que les personnes les plus profondément endormies en furent éveillées, que la même nuit l’on a déplacé un gros pied en pierre qui portait aussi une table en pierre qui était appuyée contre le mur du domicile de M. l’abbé Coindey, lequel pied en pierre fut roulé jusqu’au milieu de la rue que l’on ne peut présumer pour auteurs de ce déplacement que les dits Gimelet, Bouhey, Charles, Soieux et Boulée, qu’il et du plus grand intérêt et du devoir du ministère publique de faire cesser de pareils bruits et de pareils scandales qui ne sont que trop fréquents et maintenir le bon ordre et par là assurer le repos et la tranquillité des citoyens, que les particuliers ci-devant dénommés sont d’autant plus répréhensibles que les règlements de police qui font défenses de faire du bruit la nuit leur sont connus pour avoir été publiés et affichés différentes fois ; qu’en conséquence il avait fait citer par billets de citations portés le jour d’hier par le sergent de service à comparaître ce jourd’hui en la chambre en la présente heure d’une de relevée… »
 Les contrevenants (des mineurs, qui ont évidemment tout nié en bloc) ont été condamnés à une amende, payée par leurs parents…. on n’a quand-même pas invité les honnêtes citoyens à tirer dessus….
 C’était en 1783. Maintenant, il y a des caméras et des voisins vigilants partout, de tels actes scandaleux ne devraient plus se reproduire !

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