Saint-Jean-de-Losne, charmante cité bourguignonne située en bord de Saône, premier port fluvial de plaisance en eau intérieure, au passé glorieux, est aimée des peintres, des vacanciers, des touristes et des plaisanciers. Nous tenons à elle, et c'est pourquoi nous avons décidé de vous parler de son patrimoine, de son histoire, des activités culturelles, associatives et sportives qui s'y déroulent. Soyez nombreux à nous lire. Merci. Pierre Marie et Michelle Guéritey

dimanche 22 janvier 2012

Saint-Jean-de-Losne 15 - 20 janvier 1955 : l'eau grande

On n’avait pas vu ça depuis 1910, et on ne l’a pas revu depuis, heureusement…
On a gardé en souvenir les numéros du Bien Public de janvier 1955, voici donc quelques images qui montrent l’ampleur de la crue.
On voit aussi que depuis 57 ans, bien des choses ont changé dans nos villages :

Losne (lundi 17 janvier) : entrée de l’ancienne route de Seurre

A Echenon, le 17 janvier, entrée de la rue du Port Bernard. La mairie se trouvait  alors dans le même bâtiment que les écoles, le clocher de la chapelle a changé et la maison Platet (au fond) a été démolie…

Le 19 janvier, c’est en barque qu’on entre à Losne, en venant de l’ancienne Route de Seurre..
Saint-Jean-de-Losne sous les eaux le 19 janvier : depuis le château d’eau, on voit au fond l’hôpital, plus près, la salle paroissiale et la rue du bastion du Wauxhall. Le terrain où se trouve maintenant la salle polyvalente est sous l’eau.

Les deux îles de la gare d’eau émergent à peine …

Saint-Jean-de-Losne (mercredi 19 janvier) : sur la "place des cochons", devant le cinéma, il y en a « une bonne goutte ». L’arbre de la liberté a les pieds dans l’eau.
(La place s’appelle maintenant « place des remparts », l’arbre de la liberté a disparu et l’Espace du Cerf a remplacé le cinéma….)



La crue ne coupe pas l’appétit de cet habitant des Maillys qui prépare son repas sur sa cuisinière à charbon, avec les pieds dans 15 cm d’eau.
Aujourd’hui, avec une cuisinière électrique, ce serait beaucoup plus dangereux….

Photos Le Bien Public 17 et 19 janvier 1955.
Pierre Guéritey ©
 

dimanche 8 janvier 2012

Le mobilier de l’église de Saint-Jean-de-Losne : la chaire à prêcher

 1 - la chaire à prêcher (1604 et 1780)
(Classée Monument Historique le 10 mars 1901)
La cuve de la chaire, datée de 1604, en marbre rouge de Sampans et marbre noir, est l’œuvre d’Hugues le Rupt.(1)
Elle porte les inscriptions suivantes :
UBI PARTA IBI MANEAT RES ANNO DOMINI 1604
(Que cette œuvre reste où elle a été créée, en l’an de grâce 1604),
et :
PETRUS LANGUET PRESBITER NATUS DE SANCTO ALBINO CURATUS DE LAUDONA FECIT ANNO 1604 MENSIS IUNII (Pierre Languet, prêtre, né à Saint Aubin, curé de Saint-Jean-de-Losne m’a fait faire en l’an 1604 au mois de juin).
Les 6 statues représentent les 4 évangélistes avec leurs attributs symboliques : Luc (le taureau), Marc (le lion), Mathieu (l’homme ailé) Jean (l’aigle), et de part et d’autre : Saint Jean et Saint Pierre.

La rampe de l’escalier et l’abat-son au-dessus de la chaire ont été réalisés en 1780 par Antoine Marquetty auteur du maître autel et du baldaquin (2). Tout en utilisant la grammaire décorative de son époque, celui-ci a su créer, à la croisée du transept, avec la cuve réalisée presque 200 ans auparavant, un ensemble cohérent par ses couleurs et ses proportions.
(Aujourd’hui, cet ensemble est encore en grande partie conservé malgré la disparition du portique d’entrée de l’escalier et les quelques dégâts subis par la gloire qui surmonte l’abat-son pendant la restauration intérieure de l’église en 1936).
                     Carte postale
                                                                                                    Photo Archives du Patrimoine Paris
On peut voir dans la région trois chaires à prêcher très semblables, probablement œuvres du même atelier : à Saint-Jean-de-Losne (1604), Dole, collégiale Notre-Dame (vers 1601), et Pesmes (église Saint-Hilaire) (3). Les deux dernières sont malheureusement dépourvues de leur abat-son et leurs escaliers ont été reconstruits au XIXe s.

                                                                         Dole et Pesmes

Pierre Marie Guéritey
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(1) cf. les notices de Hugues le Rupt et de son père Denis le Rupt dans : Brune (Abbé Paul), Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art de la Franche-Comté, Paris, 1912., p. 164. Brune date la chaire de Dole de 1556 et l’attribue à Denis le Rupt. Les récentes recherches publiées dans : Gaulard, Bénédicte, Jacquemart, Jean-Pierre, Theurot, Jacky, Notre-Dame de Dole, épopée d’un édifice inspiré, Dole : Editons DMODMO, 2009, pp. 132-133, attribuent la chaire de la collégiale de Dole à Hugues le Rupt et la déclarent antérieure de quelques années à celle de Saint-Jean-de-Losne. L’attribution de cette dernière à Hugues le Rupt est due aux recherches de l’abbé Jules Thomas, curé de Saint-Jean-de-Losne, publiées dans le bulletin paroissial (vers 1900).
(2) cf. Guéritey (Pierre Marie), Le mobilier de l'église de Saint-Jean-de-Losne in Mémoires de la Commission des antiquités du département de la Côte-d'Or, t. 40, 2002-2004, p. 251-257.
(3) La Chaire de l’église de Pesmes a été déplacée à l’entrée du chœur, et suivant Brune,op.cité, elle est attribuée à Denis le Rupt et datée du XVIe s. par Tournier, abbé, l’église de Pesmes, Pesmes, 1975.

© Textes et Photos (sauf photos Noir et Blanc) Pierre Marie Guéritey