Saint-Jean-de-Losne, charmante cité bourguignonne située en bord de Saône, premier port fluvial de plaisance en eau intérieure, au passé glorieux, est aimée des peintres, des vacanciers, des touristes et des plaisanciers. Nous tenons à elle, et c'est pourquoi nous avons décidé de vous parler de son patrimoine, de son histoire, des activités culturelles, associatives et sportives qui s'y déroulent. Soyez nombreux à nous lire. Merci. Pierre Marie et Michelle Guéritey

mercredi 15 mai 2013

Les inondations du mois de mai 2013 dans la basse vallée de l’Ouche et de la Tille


L’Ouche et la Tille sont deux affluents qui se jettent dans la Saône sur sa rive droite entre Auxonne et Saint-Jean-de-Losne, respectivement sur le territoire des communes d’Echenon et des Maillys.
En ce début du mois de mai, ces deux rivières ont été en crue et pendant plus d’une semaine les communes situées dans la plaine de la Saône : Genlis, Varanges, Tréclun, Champdôtre, les Maillys, Echenon ont subi de graves inondations.
Echenon, rue du Port Bernard
Echenon, rue du Moulin
Echenon : un jardin inondé 
Les débits maximum de l’Ouche : plus de 65 m3/s, et de la Tille : 57,5 m3/s observés le 4 mai sont environ 10 fois la moyenne habituelle.
Echenon, le pont sur l'Ouche

Ces communes ont une forte proportion de terres cultivées, les champs et les prés inondés à cette période de l’année ne produiront pas grand-chose, et les dégâts dans les habitations inondées sont très importants.
Les Maillys, aval du pont
La Saône et le Doubs heureusement ne sont pas entrés en crue en même temps, évitant une crue de printemps historique comme on en a connue en 1983. (La Saône n’a pas vraiment débordé ni à Mailly-le-Port au bord de la Saône, ni à Saint-Jean-de-Losne).
Saint-Jean-de-Losne, quai Lafayette
La Saône a atteint quand même le 6 mai un débit de 1240 m3/s à Chalon-sur-Saône pour une cote de 5,3 m (contre 7,32 m en mai 1983)
Dans le passé, tous ces villages n’ont pas été épargnés par les catastrophes : les incendies (les maisons étaient encore en grande partie couvertes en chaume), la grêle, les épidémies et les inondations de printemps, qui sont les plus dommageables pour les agriculteurs.
Mailly le Port, crue de 1910

 A titre d’exemple : le village des Maillys au milieu du XIXe s. : 
« qui ne se rappelle donc pas les nombreuses calamités qui se sont succédées depuis quelques années :
1843 et 1844 : l’incendie détruit pour ainsi dire le village de Mailly-le-Château, 56 batiment sont détruits par les flammes
1853 : la grêle qui anéantit les récoltes sur la moitié du territoire
1854 : l’épidémie du choléra Morbus qui enlève un douzième de la population dont un grand nombre de chefs de famille.
1855 : la grêle qui ne laisse trace de récolte.
1856 : l’inondation qui couvre au mois de juin les 4/5 du territoire en en détruisant toutes les récoltes.
1859 : l’inondation qui couvre la moitié du territoire : le cultivateur se trouve dans la necesité de réensemencer les terres au mois de juin.
1861 : l’incendie qui détruit presque totalement le village de Mailly l’Eglise.
Il résulte des différentes évaluations qui ont eu lieu à chaque époque de ces nombreux sinistres que les pertes éprouvées se sont encore élevées en dehors des secours et assurances à plus de 660 000 frs …. »
(Archives municipales des Maillys, déposées aux Archives départementales de la côte d’Or)
Pierre Marie Guéritey, mai 2013.
Un jardin près de la Saône à Mailly
© Photos : Pierre Marie et Michelle Gueritey -  Textes : Pierre Marie Gueritey