Ambiance "marchandises"
| Ambiance "voyageurs" |
| Attention au départ ! |
A mi-chemin entre Dijon et Dole, Saint-Jean-de-Losne n'a pas comme seul titre de gloire d'être une des plus petites communes de France!... Son patrimoine évoque un passé glorieux et prospère. Des manifestations notamment culturelles s'y déroulent, qui méritent d'être découvertes. Il ne suffit pas d'y passer en bateau ou en vélo, il faut s'y arrêter...
Ambiance "marchandises"
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La remise en service des lignes de chemin de fer abandonnées : une priorité annoncée.
La ligne Saint-Jean-de-Losne Lons-le-Saunier, inaugurée le 23 juillet 1905 en présence du ministre de l’Intérieur, du ministre des Transports, du président du conseil général et des maires de Saint-Jean-de-Losne et de Lons-le-Saunier était à l’abandon depuis de nombreuses années. (cf. http://saint-jean-de-losnetourisme.blogspot.com/2011/09/journees-du-patrimoine-2011-le-voyage.html )
L’inauguration officielle de cette ligne remise en service, qui desservira de nombreux villages doit avoir lieu prochainement
Quittant la gare de Saint-Jean-de-Losne, à l’entrée de la
bifurcation de Chaugey, la rame TER de reconnaissance va s’engager sur la ligne
en direction de Lons-le-Saunier. Pour ces essais confidentiels, Il s’agit d’un
matériel ancien, mais lors de l’ouverture prochaine de la ligne aux voyageurs, des rames
légères, durables et écoresponsables, d’une conception entièrement nouvelle, seront
mises en service.
(De notre correspondante à Losne, Photographie © Davrille
Dupoisson)
Au moment de sortir de l’année
2020, et de souhaiter à tous une bonne et heureuse année 2021, jetons encore un
regard sur la terrible année 1709, et quelles ont été les mesures adoptées par
certains pour sortir de la crise.
Jacques Declume du couvent des
Carmes de Saint-Jean-de-Losne a donné force détails sur l’épidémie qui a décimé
la population : http://saint-jean-de-losnetourisme.blogspot.com/2020/11/une-terrible-epidemie-en-bourgogne.html
De son côté, le secrétaire du chapitre de la collégiale Notre-Dame de Beaune (Blaise Dutu) a inséré dans le registre des délibérations du chapitre (AD21, G2545) un long mémoire où il explique comment la ville de Beaune s’est organisée pour résister à la disette.(Ce texte est transcrit dans l’inventaire de la série G des archives départementales de la côte d’Or https://archinoe.fr/console/ir_ead_visu.php?PHPSID=cccf4e0cf9215df6068251a1c11088c9&ir=26597#
On en trouvera aussi la transcription par le lien ci-dessous
| AD21, G2545, p.168 |
Le 31 décembre 1709, il expose les mesures prises dans la ville de Beaune, et il se félicite de leur efficacité affirmant qu’elles ont maintenu dans la ville « une petite abondance », il constate aussi que si à Macon, source de l’épidémie, elle
a fait 1200 morts et à Chalon-sur-Saône 2000, il n’y a eu à Beaune que 300 victimes. Un satisfecit qui conclut ce rapport sur cette année qui fut « l’année de la colère de Dieu »
Ces mesures peuvent se résumer
ainsi :
- Anticipation : dès le
début de la crise un comité opérationnel est créé qui organise des approvisionnements
d’urgence effectués dans les villages alentour (par des méthodes d’ailleurs
assez discutables…)
- Secours aux pauvres : ils sont exactement recensés et répartis en 4 classes :« La première des vieux, la 2e des infirmes, la 3e des mendiants valides et des enfants en état de travailler et la 4e des enfants en bas âge »
Les deux premières catégories sont hébergées chez
des bourgeois aisés qui devront assurer leur subsistance, des soupes populaires
quotidiennes sont organisées pour la 3e catégorie, et des
distributions de bouillies pour les mères allaitantes.
- Mesures de police strictes,
avec une milice bourgeoise qui garde les 4 portes de la ville, fouille les
entrants et les sortants, et effectue des rondes dans la ville et les faubourgs.
- Étroite surveillance et
gestion rigoureuse des « greniers d’abondance ». Après
recensement des ressources et des besoins de chaque famille, distribution de
quantités adaptées de blé et de farine à chacune.
- Financement d’une partie
du prix des achats de blés par les communautés religieuse et les habitants les
plus riches pour diminuer le prix payé par les familles de la ville.
| Beaune et ses faubourgs (atlas des routes, AD21) |
En lisant ce texte, on ne peut
s’empêcher de se poser quelques questions:
- Sans douter de la sincérité de Blaise Dutu, on peut s’interroger sur la réelle acceptation spontanée et unanime de cet état d’urgence par tous les habitants de Beaune.
- on peut aussi se demander quelles ont été les conséquences de cette organisation de la ville sur la population des « paisans » de la campagne avoisinante, dépouillés de leurs provisions et impitoyablement pourchassés dès qu’ils tentaient de s’approcher de la ville et de ses faubourgs ….
Bibliographie :
François Delessard, « La crise de 1709-1710 en Bourgogne : les autorités provinciales et la remise des terres en culture », Annales de Bourgogne : revue historique trimestrielle publiée sous le patronage de l'Université de Dijon et de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, Tome XXIX n°114, avril-juin 1957, p 81-112.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3205397z/f5.item.r=beaune%201709
Yvette Darcy-Bertuletti, Tableau
des mesures les plus courantes en usage dans le pays beaunois. http://www.beaune.fr/IMG/pdf/Metrologie.pdf
L‘année
1709 a été marquée par une grande famine due à une conjonction de conditions
climatiques exceptionnellement défavorables en janvier :
le
1er novembre 1709, le Frère J. Perreault, procureur de l’abbaye de Maizières écrit :
« Mémoire
de la malheureuse année 1709
En automne de 1708, pendant les semailles, il fit des pluies
presque continuelles, ce qui fut cause qu’on sema fort tard et que les blés
n’eurent pas le temps de prendre bonne racine avant la gelée qui arriva de
bonne heure, car en allant à la foire de Verdun [28 octobre] il y avait de la
glace par les chemins, cette gelée ne dura pas beaucoup. Le temps s’étant
radouci, les blés commencèrent à trésir partout et devinrent beaux, il n’y eut pas
de froid considérable jusqu’au jour des Rois de 1709 qu’il s’éleva le matin une
bise assez grande, il plut sur les dix heures du matin et sur les deux heures
après midi la bise devint si forte et le froid si violent qu’on [n’] en avait
pas vu de semblable, cette bise dura 17 jours et fut si forte que les hommes
mouraient sur les chemins, il y eut beaucoup de neige mais elle tomba trop tard
car la terre était gelée communément de trois pied de profondeur, les blés
furent gelés et morts les arbres perdu et morts surtout les noyers [...] »
AD71,
J4
La disette n’a semble-t-il pas été
la seule cause de la surmortalité constatée pendant l’année 1709 : la même
année, une terrible épidémie a ravagé la Bourgogne pendant plusieurs mois. Le
28 février 1710, le frère Jean Baptiste Declume, prieur et procureur du couvent
des carmes de Saint-Jean-de-Losne en a fait une relation circonstanciée, insérée
dans le « livre des recettes et dépense du couvent des R.P. Carmes de la
ville de St Jean de Lône ».
Ce document nous est parvenu grâce à
la copie qu’en a faite Nicolas Fleury, avocat et procureur à
Saint-Jean-de-Losne, receveur de ville et de la fabrique jusqu’à sa mort le 17 février
1780, dans son manuscrit : Annales de Saint Jean de Losne :
Supplément aux annales de Saint Jean de lône Contenant un second recueil de
plusieurs pièces notables tant anciennes que nouvelles concernant ladite ville,
lesquelles ont été trouvées et découvertes depuis le premier recueil fait en
1761, avec la continuation d'icelles annales jusqu'en la présente année 1773.
Le tout tiré des papiers et registres tant de l'église paroissiale que de
l'hotel de ville et du jeu de l'arc de ladite ville et mis en ordre
chronologique par Me Nicolas fleury avocat à la cour, ancien échevin
et receveur actuel de la même ville.
(Collection de Martène, château d’Estrablin, AD21,
1Mi 435 et 1 Mi 436)
Ces
manuscrits de Nicolas Fleury ont été largement utilisés par Philippe Dhetel
pour la rédaction de son ouvrage historique sur Saint-Jean-de-Losne : Annales historiques de la ville de St Jean de
Losne Côte-d'Or et ancien Duché de Bourgogne depuis ses origines jusqu'à 1789
et d'après les archives départementales et communales, 2 vol, Paris,
Ancienne librairie Honoré Champion éditeur, 5, quai Malaquais, 1908.
Une
liasse de notes préparatoires prises par Dhetel, en particulier dans les
manuscrits de Fleury, se trouve maintenant aux archives départementales de la Côte-d’Or
(AD21, AJ0 775). Dhetel a recopié in extenso le mémoire de Jean
Baptiste Declume, mais dans son ouvrage, il a seulement traité de la crise des subsistances sans évoquer l’épidémie.
Le
texte de Jean Baptise Declume révèle une véritable hécatombe dans toute la
province en 1709, mais ne précise pas la nature de la maladie, que
dit-il ?
- L’introduction de la maladie est due à des
« pauvres », étrangers à la province qui, venant y chercher des
aumônes ont amené la maladie avec eux.
- Les foires ont été un véhicule efficace de la contagion
- la maladie a tué principalement des adultes
-certaines parties de la province ont été plus
touchées que d’autres
- Les malades qui ont guéri ont mis très longtemps
à se remettre
-L’épidémie a eu de graves conséquences économiques
Declume remarque l’efficacité d’une certaine forme de confinement de la ville de Dole. Il constate, et s’en étonne presque, que nombre de victimes appartiennent aux classes aisées. Enfin, il évoque longuement les traitements appliqués par les médecins tout en soulignant leur empirisme et leur relative inefficacité…
Aujourd’hui, à la fin de l’année 2020, ce texte vieux de plus de 300 ans est instructif à bien des égards…
à lire ci-dessous :
LE MEMOIRE DE JEAN-BAPTISTE DECLUME
consulter aussi :
https://www.archives71.fr/arkotheque/client/ad_saone_et_loire/_depot_arko/articles/82/hiver-1709_doc.pdf
Le thème des journées du Patrimoine 2020 : « Patrimoine et éducation : apprendre pour la vie ! » aurait dû inciter la ville de Saint-Jean-de-Losne à mettre en valeur un bâtiment exceptionnel aussi bien par son architecture que par son histoire :
Le groupe scolaire, œuvre de l’architecte Alfred Sirodot, ingénieur des arts et manufactures, et architecte à Dijon (°Gray, 7 juillet 1831 -†Dijon 28 novembre 1900).
Alors que tous les villages des alentours ont construit une école moderne depuis plusieurs années, la ville de Saint-Jean-de-Losne, à la fin des années 1870, n’avait qu’une école de garçons installée dans l’ancien hôtel de ville place d’armes et une école libre de filles rue de l’Hôpital.
La ville dont les finances étaient asséchées par des dettes antérieures (notamment consécutives à la guerre de 1870) ne disposait ni d’un terrain approprié ni de l’argent nécessaire pour envisager une construction comparable à celle réalisée par exemple à Brazey-en-Plaine en 1854 par l’architecte Alfred Chevrot dont on trouvera les images dans la brochure de l’exposition que j’ai réalisée aux Archives départementales en 2017 : « Le val de Saône monumental au XIXe siècle » :
https://fr.calameo.com/read/0015242707f4638833a4f
Charles Gabriel Mouillon, entrepreneur et maire de Saint-Jean-de-Losne de 1871 à 1888 parvient à réaliser un ensemble scolaire digne de la ville, alors chef-lieu de canton. Un premier projet élaboré en 1876 par l’architecte auxonnais Claude Phal (Perron), (°Auxonne 26 février 1822-†21 août 1889) n’aboutit pas.
La ville achète une propriété joignant la place des Halles et la rue du Château et l’architecte dijonnais Alfred Sirodot présente un projet plus ambitieux en 1881. Ce projet est modifié pour être conforme au Règlement pour la construction et l'ameublement des maisons d'école arrêté par le conseil supérieur de l'Instruction publique et promulgué par Arrêté ministériel du 11 juin 1880. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5818370c/f25.image.vertical (Source gallica.bnf.fr / BnF), en ce qui concerne le nombre d’élèves par classe ne devant pas dépasser 50 (les écoles construites auparavant avaient une salle unique pour les garçons et une pour les filles pouvant accueillir chacune la totalité des garçons et des filles du village), le mobilier scolaire et les logements de l’instituteur et de l’institutrice etc. La construction est adjugée le 3 février 1883 à Gabriel Humbert entrepreneur à Arc-et-Senans pour 9526153 F. On trouvera aussi les plans du groupe scolaire de Saint-Jean-de-Losne dans la brochure de l’exposition « le val de Saône monumental au xixe siècle » :
https://fr.calameo.com/read/0015242707f4638833a4f
Peu de temps après, la ville achète une propriété contiguë, ce qui permet de compléter l’ensemble par une école maternelle dans l’ancien bâtiment conservé du couvent des Ursulines.
| Ecole maternelle, ancien bâtiment du couvent des Ursulines |
Ainsi se trouve à saint-Jean-de-Losne un grand ensemble scolaire conçu par Alfred Sirodot en application des règlements ministériels de 1880. Le « cours complémentaire » devenu collège a été abrité aussi ensuite dans ces bâtiments jusqu’à la construction du collège des Hautes Pailles sur le territoire de la commune d’Echenon.
| Le mur de séparation entre la cour des filles et la cour des garçons n'existe plus .. |
| Bâtiment central et façade rue du château (école des filles) |
| Façade sur la place des halles (école de garçons) et bâtiment central |
C’est aujourd’hui l’école primaire de Saint-Jean-de-Losne, à laquelle a été donné récemment le nom de Groupe Scolaire Yvonne Kieffer.
Yvonne Kieffer est décédée à Saint-Jean-de-Losne le 5 novembre 2006.
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Je développerai plus longuement l'histoire de l'enseignement à Saint-Jean-de-Losne au xixe siècle, lors d'une prochaine journée Histoire et Patrimoine du Val de Saône (Saône Nature & Patrimoine).
Pierre Marie Guéritey
| La façade est et le portail renaissance |
| Détail des dégradations du portail |
| La toiture des chapelles latérales au nord |
| Pontailler-sur-Saône au 18° siècle (AD21, Atlas des routes) |