A mi-chemin entre Dijon et Dole, Saint-Jean-de-Losne n'a pas comme seul titre de gloire d'être une des plus petites communes de France!... Son patrimoine évoque un passé glorieux et prospère. Des manifestations notamment culturelles s'y déroulent, qui méritent d'être découvertes. Il ne suffit pas d'y passer en bateau ou en vélo, il faut s'y arrêter...

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mardi 2 septembre 2025

JEP 2025 : L’église de Saint-Jean-de-Losne en restauration

 Le thème des Journées Européennes du Patrimoine 2025 : le Patrimoine architectural, vient à point nommé.

« L’église et le seul monument que nos ancêtres nous ont laissé » ainsi s’exprimait avec raison un échevin de Saint-Jean-de-Losne il y a déjà bien longtemps.

Construite en briques au xvie siècle, cette grande église allie l’architecture gothique à des éléments renaissance et possède un riche mobilier des xviie et xviiie siècles (chaire à prêcher, stalles, maître-autel avec baldaquin, orgue … classés MH).

Depuis plusieurs années, nous avons publié dans ce blog de nombreux articles, fruits de nos recherches concernant ce monument : le mobilier, les cloches, les stalles, la chaire, l’orgue, la méridienne, le bateau de la société de secours mutuel etc… vous pouvez facilement les retrouver en utilisant la fonction rechercher.

Les visiteurs peuvent découvrir librement l’extérieur de l’église dont la restauration extérieure est terminée depuis 2024.

 Les travaux continuent à l’intérieur :

 A l’occasion des journées du Patrimoine, le public pourra observer le chantier depuis le portail de l’église : Samedi 20 septembre et dimanche 21, de 15h à 18h (introduction à l’histoire du monument et explications du chantier par P.M. Guéritey président de l’association Saône Nature & Patrimoine).

voir : JEP 2025 église de Saint-Jean-de-Losne



La maîtrise d’œuvre est assurée par l’Agence Pallot ACMH, et le coût du programme complet de restauration est de plus de 3 millions d’euros, dont une large part reste à la charge de la commune.

C’est pourquoi une nouvelle souscription est lancée pour contribuer au financement de  la restauration intérieure (1 million d'euros !), merci de votre générosité

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/eglise-saint-jean-baptiste-a-saint-jean-de-losne/40447


 


vendredi 20 mars 2020

La restauration de l’église Saint-Jean-Baptiste

Ce chantier important devrait commencer dans quelques mois.
Depuis plusieurs années, nous avons publié dans ce blog de nombreux articles, fruits de nos recherches, concernant ce monument : le mobilier, les cloches, les stalles, la chaire, l’orgue, la méridienne, le bateau de la société de secours mutuel etc… vous pouvez facilement les retrouver en utilisant la fonction rechercher
La souscription est ouverte pour participer au financement de la restauration de l’église de Saint-Jean-de-Losne par l’intermédiaire de la fondation du patrimoine :

Les quelques images ci-dessous devraient vous persuader de l'importance et de la nécessité de ce chantier qui va commencer par la collecte des eaux pluviales, le drainage, la reprise des toitures et des parements de briques extérieurs endommagés par l'humidité et les intempéries, la restauration du portail...
La façade est et le portail renaissance

Détail des dégradations du portail

La toiture des chapelles latérales au nord
Maître d'ouvrage : la commune de saint-Jean-de-Losne
Maître d'oeuvre : Eric Pallot ACMH

dimanche 23 février 2020

Les italiens dans le val de Saône


Les recherches entreprises depuis bientôt 20 ans sur le mobilier de l’église de Saint-Jean-de-Losne, particulièrement au sujet du maître-autel avec baldaquin et de son constructeur Antoine Marquety, un italien, originaire du village de Mollia (Valsesia) m’ont conduit d’abord à publier :
« Le mobilier de l'église de Saint-Jean-de-Losne », Mémoires de la Commission des antiquités du département de la Côte-d'Or, t. 40, 2002-2004, p. 251-257.

Plusieurs articles de ce blog, et dans le bulletin Histoire et Patrimoine du val de Saône sont issus de ces recherches :
La chaire à prêcher :
Propositions pour la reconstitution des stalles :
Le bateau offert par la société de secours mutuel :
Pierre Marie Guéritey, « Le bateau suspendu dans l’église et la bannière de la Société de secours mutuels de Saint-Jean-de-Losne : souvenirs d’une innovation sociale au début du XIXe siècle » Histoire et Patrimoine du val de Saône, Bulletin n°1, 2013.

Le maître-autel avec baldaquin a été largement étudié dans :
Pierre Marie Guéritey « Les Italiens à Saint-Jean-de-Losne : sculpteurs, plâtriers, entrepreneurs (1779-1914) » Histoire et Patrimoine du val de Saône, Bulletin n°4, 2016

Entre 1760 et 1870, les stucateurs, plâtriers et entrepreneurs italiens de la Valsesia sont la seule population d’étrangers présente dans le Val de Saône, structurée par ses liens familiaux et la relation conservée avec ses villages d’origine, ouverte au milieu d’accueil par la communauté de techniques. Les décors qu’ils réalisent à la veille de la Révolution, en particulier dans les églises, sont déjà néoclassiques. Les sources permettent d’identifier ces œuvres et documentent presque au quotidien la vie de plusieurs générations de ces artisans.
on pourra lire dans: https://journals.openedition.org/diasporas/2316
Pierre Marie Guéritey, « Les Italiens dans le Val de Saône. Découverte d’un réseau d’artisans émigrés au xviiie et au xixe siècle », Diasporas, 32 | 2018, 91-112.

Antoine Marquety « ingénieur »
Le parcours remarquable d’Antoine Marquety (Giovanni Antonio Marchetti, v.1740 - 1805), auteur du maître-autel avec baldaquin de l'église de Saint-Jean-de-losne, n’a pas fini de nous étonner. Le 29 septembre 1777, devant le notaire Lerouge, résidant à Pontailler-sur-Saône, baillage d’Auxonne, « antoine Marquety, ingénieur demeurant à Pontailler » donne procuration à Lorenzo Bevilacqa, marchand à Varallo, pour traiter au mieux en son nom la succession ouverte par  le décès de son épouse Marie-Anne Marca. Bevilacqua doit aussi faire rendre compte à Jacques Seletti des revenus des biens de Marquety….
Pontailler-sur-Saône au 18° siècle (AD21, Atlas des routes)

Si dans cet acte, (repéré par Colette et Jean Claude Hilico) Marquety est qualifié d’« ingénieur »…c’est qu’il s’occupait de la construction ou de l’entretien d’ouvrages d’art, par exemple de ponts et aqueducs avec l’architecte Saint-Père à Pontailler (AD 21 C 3230)
Quelques années plus tard, alors qu’il s’est fixé à Saint-Jean-de-Losne, il est appelé par la municipalité pour la réception du perron de l’église.
Ainsi, Antoine Marquety se trouvait à Pontailler-sur-Saône, à 30 km en amont de Saint-Jean-de-Losne, quelques années avant qu'il entreprenne la construction du maître-autel de l’église paroissiale, et il n’était pas seulement stucateur et sculpteur…

dimanche 7 février 2016

Un concert à ne pas manquer : Polyphonies corses et Orgue en l'église de Saint-Jean-de-Losne

Un concert unique en Bourgogne, du célèbre groupe a Vuciata, à ne pas manquer, en l'église de Saint-Jean-de-Losne le samedi 9 avril à 20h30, organisé en partenariat et avec le soutien de Saône Nature & Patrimoine qui met très souvent en valeur la voix et l'orgue de l'église paroissiale.


Pour ce concert, l'orgue sera tenu par Jean-Jacques Tournebise Ceruti, organiste de Forcalquier.
Il est des musiques qui touchent, émeuvent plus que d’autres, parlent autant aux sens qu’au cœur et à l’âme. Il est des chants qui conversent avec le sacré, tutoient le spirituel tout en racontant une identité. Avec les polyphonies corses, A Vuciata se fait le porte-parole d’une culture, de la mémoire éternelle d’un peuple fier et debout.



Prix des places : 15€ (gratuit - 15 ans)
Rens. Saône Nature & Patrimoine : 03 80 79 08 33

vendredi 24 janvier 2014

Concert de l'ensemble Joseph Samson à Saint Jean de Losne le 23 mars

Concert de l'ensemble Joseph Samson à Saint Jean de Losne le 23 mars.

Saint Jean de Losne, dimanche 23 mars à 16h, église paroissiale, concert de l’ensemble Joseph Samson, direction Jean Louis Gand, Fabienne Conrad soprano, Frédéric Mayeur orgue. Stabat Mater de Schubert, et airs sacrés et motets de Rameau. Entrée libre. PAF. Avec le soutien de Saône Nature et Patrimoine.

dimanche 12 janvier 2014

Le mobilier de l’Eglise de Saint-Jean-de-Losne : les Stalles

Les stalles de l'église de Saint-Jean-de-Losne : un ensemble unique de menuiserie du xviiie s. qu’il est urgent de sauver. En entrant dans le chœur, derrière la grille en fer forgé (début xixe s.), on découvre les deux rangées de stalles en chêne. Installées en 1757-58, elles ont remplacé un ensemble de stalles gothiques datant de la construction même de l’église. Ces stalles étaient destinées aux prêtres familiers. Elles sont l’œuvre de deux menuisiers dijonnais : Jacques Surlut, qui en a donné le dessin et Antoine Charcot qui les a réalisées.

Les panneaux de chêne moulurés et sculptés de motifs religieux en bas-reliefs, jadis posés au-dessus des sièges et constituant les dosserets et parties hautes de ces stalles ont été déposés en 1886 et redistribués contre les murs de l’abside et des chapelles de Saint Joseph et de la Vierge où se trouvent aussi les jouées et une partie de la corniche.

Construction des stalles au XVIIIe siècle :
En 1754, la construction des nouvelles stalles est décidée par la fabrique. La confrérie de Saint Yves y contribue. L'exécution des stalles est confiée à Antoine Charcot, maître menuisier à Dijon, qui a construit la même année celles de la Chapelle aux Riches à Dijon. Les plans ont été dressés en 1756 par Jacques Surlut, lui aussi maître menuisier à Dijon.
Cet ensemble présentant dix stalles de chaque côté est achevé en 1757. Le peintre Jean Courand cadet, reçoit 126 livres le 25 novembre 1757 pour les vernir. Des panneaux de boiseries sont ajoutés par Charcot au-dessus de ces stalles et payés 200 livres le 11 juin 1758.

Mutilation des stalles en 1886 :
Malheureusement, cet ensemble est aujourd’hui dispersé. Dès 1853, et ensuite à chacune de ses visites pastorales Mgr. Rivet (archevêque de Dijon de 1838 à 1884) a demandé que les panneaux sculptés de la partie supérieure des stalles soient démontés, faisant remarquer que ces stalles « choquaient l’œil aussi bien que les convenances architecturales » ! C’est l’abbé Jules Thomas curé de Saint-Jean-de-Losne qui a fini par obtempérer, après la mort de Mgr Rivet, en 1886, à l’occasion des travaux exécutés dans l’église pour la célébration du 250ème anniversaire du siège de 1636.
Ces boiseries en chêne ont été conservées et se trouvent distribuées en désordre contre les murs de la chapelle de la Sainte Vierge, de Saint Joseph et autour du sanctuaire.

Programme décoratif des stalles (reconstitution) :
De chaque côté, on trouvait une jouée à chaque extrémité, ornée de motifs végétaux (fleurs, fruits), et trois panneaux plats au grand cadre ornés d’angelots, avec quatre panneaux sculptés intercalés.

Au total quatre jouées, six panneaux plats et huit panneaux sculptés. Ceux-ci présentent des compositions en bas-reliefs où on identifie sans peine des thèmes précis :
- l’ancien testament :
Mitre hébraïque, les tables de la loi (avec inscriptions hébraïques), les trompettes de Jéricho, le serpent d’airain enroulé sur le bâton d’Aaron, le tout sur un fond de pampres et de grappes de raisin, la harpe et la couronne de David. (actuellement dans la chapelle de la Ste Vierge).
- le nouveau testament :
Présente les insignes de la papauté : la tiare, la croix papale à trois traverses, l’étole, les tables de la loi (sans inscription), un chandelier et une aiguière. (actuellement dans la chapelle de saint-Joseph).
Autour du maître autel :
2 Panneaux : le pèlerinage et la Communion
- les instruments de la messe (1):
le calice, la patène, l’encensoir, l’étole, le livre, deux hautbois.
- Les insignes d’un archevêque :
La crosse, la mitre, pallium, croix à deux traverses, encensoir, seau avec goupillon et buis.
- Les attributs du martyre :
couronne de lauriers, croix, entrecroisée avec un lys surmontant une urne et une gloire Jéhovah, casque romain, arc, flèche, carquois et épée.
- la communion :
calice, la patène, épis de blé, livre, aiguière et bassin, chandelier entrecroisé avec un bâton de procession à lanterne et une croix à deux traverses, lampe.
- Le pèlerinage :
livre, vases, coquille, serpent (instrument de musique), entrecroisé avec des flambeaux, seau.
- Les instruments de la messe (2):
Livre, étole, canons de l’autel, deux chandeliers entrecroisés, une flûte ou chalumeau double.
Les deux panneaux présentant les instruments de la messe sont légèrement concaves et se trouvaient donc à l’entrée des stalles du côté de la nef. Il serait facile de remettre cet ensemble en ordre et à sa place et de retrouver ainsi le décor complet du chœur.

Un sauvetage urgent et nécessaire
Ces boiseries, d’une qualité exceptionnelle autant par leur programme décoratif que par le matériau et la finesse d’exécution de la menuiserie et de la sculpture ont échappé au vandalisme révolutionnaire. La quasi-totalité du meuble est conservée, mais ses éléments sont plaqués depuis plus de 100 ans contre des murs de briques humides, les panneaux sont déformés et les assemblages disjoints, le bois commence à pourrir à certains endroits.

Il est urgent de les enlever de leur situation actuelle pour les étudier, les traiter, les restaurer afin de pouvoir reconstituer l’ensemble, dans le cadre de la restauration complète de l’église, reconnue nécessaire depuis plusieurs années.
Ignorer cette priorité équivaut à décider à court terme la ruine de l’église et de son mobilier, classés monuments historiques, siège de la paroisse de Saint-Jean-de-Losne, et éléments essentiels du patrimoine de la ville.
Pierre Marie Guéritey, janvier 2014

© Texte et Photos Pierre Marie Guéritey

lundi 15 avril 2013

Eglises de Saint-Jean-de-Losne, des Maillys, et Croix Girard à Losne au programme de la 1ère journée d'études Histoire et Patrimoine

Coups d’œil sur des églises :
L’église de Saint-Jean-de-Losne se signale par son mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles, que les habitants ont su conserver pendant le Révolution et ensuite enrichir au XIXe siècle. Construite en briques au XVIe siècle, cette grande église utilise au mieux l’espace disponible dans la petite ville, elle est un exemple de gothique flamboyant où la renaissance s’invite par les colonnes inspirées de l’antique remplaçant les piliers de la nef.
Lors de la visite, Pierre Marie Guéritey a insisté entre autres sur l’intérêt de l’ensemble de la chaire à prêcher réalisée par Hugues le Rupt en 1604, et munie d’un nouvel abat son en 1782 par les stucateurs italiens qui travaillaient au maître-autel. Antoine Marquetty, originaire de Mollia dans le Val Sesia a créé de 1781 à 1784 un décor complet pour le chœur avec un baldaquin monumental qui met en valeur la symbolique religieuse de l’agneau. L’idée originale de ce décor grandiose est la mise en lumière à contre-jour par les verrières de l’abside garnies à l’époque de verres colorés. L’orgue historique du facteur Bénigne Boillot, construit en 1768 a aussi été préservé et reste aujourd’hui dans un état proche de son état d’origine.
Pierre Marie et Michelle Guéritey publient régulièrement des articles sur le patrimoine de Saint Jean de Losne et de la Communauté de Communes Rives de Saône, sur le présent blog :

L’église des Maillys / Pierre Marie Guéritey
L'église des Maillys, dont Pierre-Marie Guéritey présente ensuite l’histoire des deux reconstructions au XIXe siècle est dans sa forme néogothique actuelle, achevée en 1869, un des meilleurs exemples de la production de l’architecte auxonnais Phal-Perron. On lui doit la construction de nombreux bâtiments municipaux dans tout le Val de Saône au milieu du XIXe s. Les églises de Lamarche-sur-Saône, de Pagny-le-Château et de Labergement-les-Seurre sont des œuvres de cet architecte. Aux Maillys, une église ancienne restaurée après la Révolution, puis une église presque entièrement reconstruite dans le style néoclassique de 1823 à 1834 ont précédé l’église actuelle. Ce dossier est l’occasion pour Pierre-Marie Guéritey d’évoquer d’une manière plus générale la question de la reconstruction des églises qui s’inscrit parmi les actions d’urbanisme dans les villages au XIXe : évolution du style architectural, cadre religieux et administratif, influence des évêques bâtisseurs et des notables (aux Maillys, madame de Berbis), sans oublier la question du financement…
L’église actuelle a coûté 170000 frs, la commune des Maillys, malgré l’étendue de son territoire et de ses bois, et la générosité de la châtelaine a peiné à financer ce grand chantier auquel une partie de la population était opposée…
Pierre-Marie Guéritey en profite pour rendre hommage au travail de Paul Jovignot, habitant des Maillys qui a réalisé en 2006 une monographie du village (« Si Mailly m’était conté »). Cet ouvrage contient une synthèse de l’histoire du village et des témoignages précieux pour la mémoire du passé proche.

La Croix-Girard à Losne (Maison-Dieu) / Alain Cessot
Alain Cessot, qui travaille depuis de nombreuses années sur l’histoire de l’abbaye et du village de Losne, présente une réalisation concrète intéressante effectuée avec l’appui de la municipalité.
Les anciens terriers qu’il a analysés attestent l’existence de cette croix en bordure de chemin. Seul un arbre restait à ce carrefour…
A l’occasion de la reprise des sépultures au cimetière communal, il a pu sauvegarder en février 2009 une stèle de pierre surmontée d’une croix en fonte.
Il a nettoyé, regravé cette stèle, réparé la croix et placé l’ensemble sur un socle réalisé avec l’aide des employés municipaux.
Cette croix qui a repris la place de l’ancienne au carrefour a été inaugurée et bénite par le père Joseph N’Kouka le 23 octobre 2010 en présence du maire de Losne Yvan Zadoinoff.

Les cahiers de Losne Chaugey Maison-Dieu hors Série n°2, Alain Cessot 2010
http://alain.cessot-losne.pagesperso-orange.fr

Textes de Pierre Marie Guéritey, 2013

dimanche 8 janvier 2012

Le mobilier de l’église de Saint-Jean-de-Losne : la chaire à prêcher

 1 - la chaire à prêcher (1604 et 1780)
(Classée Monument Historique le 10 mars 1901)
La cuve de la chaire, datée de 1604, en marbre rouge de Sampans et marbre noir, est l’œuvre d’Hugues le Rupt.(1)
Elle porte les inscriptions suivantes :
UBI PARTA IBI MANEAT RES ANNO DOMINI 1604
(Que cette œuvre reste où elle a été créée, en l’an de grâce 1604),
et :
PETRUS LANGUET PRESBITER NATUS DE SANCTO ALBINO CURATUS DE LAUDONA FECIT ANNO 1604 MENSIS IUNII (Pierre Languet, prêtre, né à Saint Aubin, curé de Saint-Jean-de-Losne m’a fait faire en l’an 1604 au mois de juin).
Les 6 statues représentent les 4 évangélistes avec leurs attributs symboliques : Luc (le taureau), Marc (le lion), Mathieu (l’homme ailé) Jean (l’aigle), et de part et d’autre : Saint Jean et Saint Pierre.

La rampe de l’escalier et l’abat-son au-dessus de la chaire ont été réalisés en 1780 par Antoine Marquetty auteur du maître autel et du baldaquin (2). Tout en utilisant la grammaire décorative de son époque, celui-ci a su créer, à la croisée du transept, avec la cuve réalisée presque 200 ans auparavant, un ensemble cohérent par ses couleurs et ses proportions.
(Aujourd’hui, cet ensemble est encore en grande partie conservé malgré la disparition du portique d’entrée de l’escalier et les quelques dégâts subis par la gloire qui surmonte l’abat-son pendant la restauration intérieure de l’église en 1936).
                     Carte postale
                                                                                                    Photo Archives du Patrimoine Paris
On peut voir dans la région trois chaires à prêcher très semblables, probablement œuvres du même atelier : à Saint-Jean-de-Losne (1604), Dole, collégiale Notre-Dame (vers 1601), et Pesmes (église Saint-Hilaire) (3). Les deux dernières sont malheureusement dépourvues de leur abat-son et leurs escaliers ont été reconstruits au XIXe s.

                                                                         Dole et Pesmes

Pierre Marie Guéritey
____________

(1) cf. les notices de Hugues le Rupt et de son père Denis le Rupt dans : Brune (Abbé Paul), Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art de la Franche-Comté, Paris, 1912., p. 164. Brune date la chaire de Dole de 1556 et l’attribue à Denis le Rupt. Les récentes recherches publiées dans : Gaulard, Bénédicte, Jacquemart, Jean-Pierre, Theurot, Jacky, Notre-Dame de Dole, épopée d’un édifice inspiré, Dole : Editons DMODMO, 2009, pp. 132-133, attribuent la chaire de la collégiale de Dole à Hugues le Rupt et la déclarent antérieure de quelques années à celle de Saint-Jean-de-Losne. L’attribution de cette dernière à Hugues le Rupt est due aux recherches de l’abbé Jules Thomas, curé de Saint-Jean-de-Losne, publiées dans le bulletin paroissial (vers 1900).
(2) cf. Guéritey (Pierre Marie), Le mobilier de l'église de Saint-Jean-de-Losne in Mémoires de la Commission des antiquités du département de la Côte-d'Or, t. 40, 2002-2004, p. 251-257.
(3) La Chaire de l’église de Pesmes a été déplacée à l’entrée du chœur, et suivant Brune,op.cité, elle est attribuée à Denis le Rupt et datée du XVIe s. par Tournier, abbé, l’église de Pesmes, Pesmes, 1975.

© Textes et Photos (sauf photos Noir et Blanc) Pierre Marie Guéritey

jeudi 10 novembre 2011

Le « vitrail de Galas » dans l’église de Saint-Jean-de-Losne

Pour compléter la commémoration virtuelle du 375ème anniversaire du siège de Saint-Jean-de-Losne en novembre 1636, je vous invite à aller voir le « vitrail de Galas » au transept nord de l’église saint Jean-Baptiste.
L’abbé Jules Thomas, curé de Saint-Jean-de-Losne en 1886 au moment de la célébration du 250ème anniversaire du siège avait fait placer tout un ensemble de vitraux aux fenêtres de l’église. Malheureusement, ils ont tous été détruits par l’explosion du pont de Saône en 1940, à l’exception de celui-ci.
Les 6 médaillons de ce vitrail présentent 6 épisodes de la fin du siège, un vitrail semblable en face représentait six épisodes du début du siège.
Ils avaient été réalisés par la maison Pagnon-Deschelettes de Lyon. L’abbé Thomas les a décrits dans un opuscule publié à Dijon en 1899 : « Les vitraux de Galas dans l’église de saint-Jean-de-losne ».
Voici sa description du vitrail encore existant :
« …On commence en bas à gauche
Premier médaillon
La signature de la délibération, 2 novembre.
La scène se passe sur la brèche, au premier plan, le drapeau de la ville, que tient un soldat, flotte sur les échevins et les habitants ; le greffier commis, Jean Gaignet, leur apporte le texte de la délibération. Les uns s’apprêtent à signer, les autres signent sur un tambour. Au deuxième plan, les défenseurs de la cité font face aux assaillants.
Deuxième médaillon
Les barricades, 2 novembre.
Les soldats achèvent de tendre des chaines à travers les rues, et l’on y voit toutes sortes d’entraves, des paniers de terre, des roues, des pièces de bois. Les habitants entassent de la paille et des fagots devant leurs maisons pour y mettre le feu. D’autres préparent un fourneau pour y jeter le reste de la poudre. Une femme porte une cruche d’huile bouillante aux remparts. Les défenseurs les gardent toujours, malgré ceux d’entre eux qui tombent sous les coups de l’ennemi et que l’on voit gisant à terre.
Troisième médaillon
Le deuxième assaut, 2 novembre
La ville est sur le point d’être prise. Les autrichiens vainqueurs entrent en foule par la brèche. Les habitants, revenus de leur panique, s’élancent sur eux et les refoulent avec leurs pertuisanes. A gauche, le petit Gaillard, une torche à la main, court mettre le feu aux maisons. Un des défenseurs lui fait signe, du haut des remparts d’attendre un instant.

Quatrième médaillon
L’arrivée des Auxonnais, 2 novembre
Au second plan, les ennemis tiennent les habitants en échec. Ils brandissent le hache sur leurs têtes et les frappent à coups de pertuisanes. Plusieurs sont renversés. Au premier plan, les Auxonnais arrivent par la porte de la Saône et se jettent sur les autrichiens. Onaperçoit encore ici des hommes tués, parmi lesquels un des nouveaux arrivés, Nicolas Boileau.
Cinquième médaillon
La cavalerie de Rantzau, nuit du 2 au 3 novembre
La cavalerie du colonel Rantzau arrive à Saint-Jean-de-Losne au commencement de la nuit. Elle traverse le pont au son des trompettes et des tambours, en portant des flambeaux. On distingue la Saône et la ville à la lueur des torches. Au premier plan, Rantzau à cheval montre à ses troupes la vaillante cité.
Sixième médaillon
L’Action de grâces, 3 novembre
Les autrichiens ayant levé le siège, les habitants de Saint-Jean-de-Losne se rendent à l’église en procession. Le procuré les suit sous un dais porté par quatre des héros de la défense. Un enfant les précède avec la croix et pénètre dans l’église. Le drapeau de la ville et l’un de ceux qui viennent d’être enlevés à l’ennemi sont à l’honneur comme ils ont été au péril. Au premier plan, une femme assise tient son enfant qui acclame la procession. A gauche dans un con du tableau, Marguerite du Saint-Sacrement aperçoit l’enfant Jésus renversant l’armée de Galas avec un brin de paille de sa crèche. »

L’ordre actuel des médaillons est le suivant, (il ne correspond pas à la description ci-dessus) :
1- La signature de la délibération
2- L’arrivée des Auxonnais
3- La cavalerie de Rantzau
4- Les barricades
5- Le deuxième assaut
6 - L’Action de grâces
©  Texte et photos Pierre Marie Guéritey