A mi-chemin entre Dijon et Dole, Saint-Jean-de-Losne n'a pas comme seul titre de gloire d'être une des plus petites communes de France!... Son patrimoine évoque un passé glorieux et prospère. Des manifestations notamment culturelles s'y déroulent, qui méritent d'être découvertes. Il ne suffit pas d'y passer en bateau ou en vélo, il faut s'y arrêter...

vendredi 9 octobre 2015

Tapage nocturne et incivilités à Saint-Jean-de-Losne

L’été, la ville de Saint-Jean-de-Losne est le théâtre de graves incivilités et tapages nocturnes, si on en croit les deux rapports suivants :
 « Ce jourd’hui onze juillet …
La chambre de l’hôtel de ville de St-Jean-de-Losne assemblée
Me Charles Oudry procureur syndic a remontré que depuis longtemps il lui a été porté des plaintes que différents particuliers de cette ville n’ayant pas soin de renfermer leurs chiens pendant la nuit, les laissent coucher dans les rues et font des hurlements qui épouvantent les habitants et troublent leur repos, invite la chambre de délibérer sur le parti à prendre sur cet objet en requérant à ce que la délibération qui sera prise sur cet objet soit publiée et affichée à ce que personne n’en ignorent.
…la chambre en renouvelant ses précédentes ordonnances a fait très expressément inhibition et défense à toutes personnes de telles condition et qualité qu’elles soient de laisser coucher dehors leurs chiens à peine de dix livres d’amende contre chacun contrevenant, et demeure néanmoins permis à toutes personnes qui en seraient incommodées de tirer ou faire tirer dessus et sera la présente ordonnance publiée et affichée aux carrefours de cette ville a ce que personne n’en ignore ».
 
Et encore :
« Ce jourd’hui vingt-trois juillet …
La chambre de police de la ville de St-Jean de-Losne assemblée
Me Charles Oudry procureur syndic a remontré que plusieurs personnes lui ont porté plainte qu’il y a quelques temps pendant la nuit les deux fils de Pierre Demougeot maréchal en cette ville accompagné d’autres jeunes gens dont on n’a pu décliner les noms au procureur syndic ont chanté et fait du bruit dans les rues dont plusieurs personnes ont été éveillées et s’en sont trouvé être incommodées.
Que la nuit de dimanche dernier vingt de ce mois au lundi 21 sur environ les onze et demi et minuit les nommé Hugues Gimelet fils d’Hugues Gimelet patron sur la rivière de Saône, Gervais Bouhey fils de la dlle Claude Bouhey, Soieux fils de Jean Baptiste Soieux portefaix, Charles fils de Claude Charles Maréchal et Boulée fis de Jacques Boulée cordonnier, tous résidants en cette ville ont chanté dans les rues et particulièrement dans la rue du Saule et sur le pont de cette ville des chansons obscènes et si malhonnêtes que les personnes qui étaient sur le pont à se promener et à prendre l’air furent obligées de se retirer ; qu’ils firent un si grand bruit en chantant que plusieurs personnes en furent éveillées et que le bruit occasionna l’aboiement et l’hurlement des chiens, que les personnes les plus profondément endormies en furent éveillées, que la même nuit l’on a déplacé un gros pied en pierre qui portait aussi une table en pierre qui était appuyée contre le mur du domicile de M. l’abbé Coindey, lequel pied en pierre fut roulé jusqu’au milieu de la rue que l’on ne peut présumer pour auteurs de ce déplacement que les dits Gimelet, Bouhey, Charles, Soieux et Boulée, qu’il et du plus grand intérêt et du devoir du ministère publique de faire cesser de pareils bruits et de pareils scandales qui ne sont que trop fréquents et maintenir le bon ordre et par là assurer le repos et la tranquillité des citoyens, que les particuliers ci-devant dénommés sont d’autant plus répréhensibles que les règlements de police qui font défenses de faire du bruit la nuit leur sont connus pour avoir été publiés et affichés différentes fois ; qu’en conséquence il avait fait citer par billets de citations portés le jour d’hier par le sergent de service à comparaître ce jourd’hui en la chambre en la présente heure d’une de relevée… »
 Les contrevenants (des mineurs, qui ont évidemment tout nié en bloc) ont été condamnés à une amende, payée par leurs parents…. on n’a quand-même pas invité les honnêtes citoyens à tirer dessus….
 C’était en 1783. Maintenant, il y a des caméras et des voisins vigilants partout, de tels actes scandaleux ne devraient plus se reproduire !

mercredi 9 septembre 2015

Orgue et chants grégoriens à Saint-Jean-de-Losne, dimanche 27 septembre 17h30

Les thèmes du chant grégorien ont nourri le répertoire de la musique d’orgue pendant des siècles, dans tous les pays de tradition catholique.
Ainsi, quoi de plus évident que d’associer pour un concert, dans une église, l’orgue et les chants grégoriens ?
 
Le chant grégorien (ou « plain-chant »), dont le répertoire s’est constitué sur plusieurs siècles, et la musique d’orgue qu’il a inspirée sont des composantes de la civilisation de nos contrées, c’est un « patrimoine immatériel » qu’il faut préserver et faire connaître au même titre que les édifices, les tableaux, les statues, et différents objets d’origine religieuse que l’on classe « Monuments historiques » et qu’on admire comme tels.
L’orgue de Saint-Jean-de-Losne, construit de 1765 à 1768, et qui n’a jamais subi de transformations importantes conserve toutes ses sonorités d’origine ; il est contemporain de la production musicale inspirée par le plain-chant, d’organistes comme Michel Corette (1707-1795) et Jean-Jacques Beauvarlet-Charpentier (1734-1794).
 
Au cours des siècles, de nombreux compositeurs ont créé des polyphonies autour du chant grégorien pour les voix d’hommes, de femmes ou pour chœurs mixtes.
Jean-Jacques Griesser et le chœur grégorien de Giromagny proposent un aperçu de cet immense répertoire musical autour de l’orgue de Saint-Jean-de-Losne dimanche 27 septembre à 17h30.
 
 
La première partie présentera d’abord un Magnificat alterné entre un  chœur d’hommes et l’orgue, comme c’était l’usage dans les églises à l’époque de la construction de l’orgue de Saint-Jean-de-Losne, avec des versets d’orgue de Jean-Jacques Beauvarlet-Charpentier.
La suite du programme est organisée en s’inspirant librement du déroulement d’une messe :
 
Gloria Laus et Honor tibi sit (à 2 chœurs)                 Chants des 3 évêchés             
Ecce advenit                                                              Introït de l’Epiphanie                 
Kyrie XVI                                                                                                                    
Kyrie Corse                                                                Manuscrits franciscains XVII-XVIIIe  s.
Gaudens in Domino                                                   Conduit à 2 voix . XIIe s  
Alleluia Sapientia                                                       Liturgie de la Cathédrale d’Auxerre 
 Pièce d’orgue (Offertoire)                                         Fugue de J.J. Beauvarlet-Charpentier        
Sanctus XIV                                                             
Sanctus Corse                                                           Manuscrits Franciscains XVII-XVIIIe s.
Agnus XV                                                     
Agnus Corse                                                              Manuscrits Franciscains XVII-XVIIIe s.
O Frondens Virga                                                      Hildegard von Bingen  XIIe s.  
Ite Iam sine Tristicia                                                  Trope d’Ite Missa est  XIIe s.           
 
Dialogue (orgue)        J.J. Beauvarlet-Charpentier
 Enfin des polyphonies anciennes et contemporaines inspirées par des hymnes grégoriennes viendront conclure ce concert :
Rorate coeli                                                               Liturgie de l’Avent
Puer natus in Bethleem                                             Liturgie de Noël
Tantum Ergo                                                              M. Duruflé, XXe s.
Congaudeant Catholici                                              Vêpres de St Jacques de Compostelle
Magnificat de Giromagny                                          J.J. Griesser (2007)  
Ce concert est organisé par l’Association Saône Nature et Patrimoine.
Libre participation aux frais
 
Pierre Marie Guéritey
 

mardi 25 août 2015

Histoire et Patrimoine du Val de Saône : bulletin n°2

Le n°2 du bulletin annuel a été publié à l’occasion de la 5e journée de rencontres Histoire et Patrimoine du val de Saône le 18 avril à Saint-Usage.
On y trouve le compte-rendu des 3e et 4e journées de rencontres à Seurre (12 avril 2014) et Brazey-en-Plaine (15 novembre 2014), ainsi que les textes de plusieurs communications présentées au cours de ces journées :

·        Joseph Magnin, sa carrière en quelques textes, par Pierre Palau
·        Les bâtiments communaux de Brazey-en-Plaine au XIXe s., par Pierre Marie Guéritey
·         La méridienne de temps moyen de la mairie de Brazey-en-Plaine, par Pierre Causeret
·        Du Bois le Duc à la forêt de Mondragon, par Michel Jovignot
·        Les professions de santé à Auxonne, par Martine Speranza
·        D’une guerre à l’autre, par Robert Michelin
·        Images anciennes de Seurre, du xviie au xixe siècle par Anne-Marie Constancias
 
Patrimoine vivant :

·        Un exemple de patrimoine oral sauvegardé des années 1935 à 1965 : le patois, par Catherine Benoît.
·        Tableaux de Saint-Jean-de-Losne au milieu du xxe siècle, par Michelle et Pierre Marie Guéritey

48 pages abondamment illustrées par des photographies et des reproductions de documents d’archives inédits.

 



Cette publication de l’association Saône Nature & Patrimoine bénéficie de l’aide de la fondation AGIR de la caisse régionale Champagne Bourgogne du Crédit Agricole.




On peut se procurer ce bulletin auprès de:

Saône Nature et Patrimoine
Mairie de Saint-Jean-de-Losne
Rue de la Liberté
21170 Saint-Jean-de-Losne

Prix : 12 € + frais de port (voir bulletin de commande)



 Le bulletin n°1:

 
 est encore disponible dans les mêmes conditions:


La 6e journée d’études Histoire et Patrimoine du Val de Saône aura lieu à Pagny-le-Château le samedi 14 novembre 2015.
 
(Gratuit et ouvert à tous, renseignements au 03 80 79 08 33).

mercredi 5 août 2015

Le bastion de pierre : un site archéologique à explorer

L’actuel quai Molière borde d’un côté l’ancien mur de la ville et de l’autre les bâtiments industriels désaffectés de CBV au bord de la Saône.
Ce terrain est l’ancien « bastion de pierre » construit après le siège de 1636.

 

En mai 1636, le roi de France (Louis XIII) qui craignait que les francs comtois ne viennent établir dans l’abbaye de Losne un poste fortifié en face de la place forte française de Saint-Jean-de-Losne, ordonne la démolition de l’abbaye. Ni les habitants de Saint-Jean-de-Losne ni ceux du village de Losne n’ont eu leur mot à dire dans cette affaire.
Les bâtiments et l’église de l’abbaye sont démolis à partir de juin 1636 et les matériaux, qui encombraient le village, transportés sur la rive droite. Après le siège, les Saint Jean de Losnais s’en serviront en 1637 pour réparer les remparts et construire un nouveau bastion en pierres.
Une nouvelle église est construite à Losne partir de 1695 et consacrée le 10 août 1699
 Ce « bastion de pierre », en amont du portail neuf ou port de l’Hôpital est un terrain gagné sur la rivière, adossé au mur de la ville, remblayé à l’aide des démolitions de l’abbaye et entouré d’une muraille construite avec les pierres de celle-ci.
Le cimetière y a été installé de 1792 à 1823. Après le déplacement du cimetière intercommunal sur le territoire de Saint-Usage, ces terrains ont été loués par la ville à des particuliers pour y faire des jardins ou entreposer des matériaux.

 
Situation de l'ancien cimetière sur le bastion de pierre (plan d'alignement 1843)

Dans son ouvrage L'Abbaye de Notre-Dame de Lône et ses succursales, de l'ordre de Cluny : étude historique d'après les documents originaux, avec carte et plan des lieux, (Dijon : Rabutot, 1864), Philippe Dhétel notait, p 176.
« Ce n’est plus aujourd’hui qu’une hideuse ruine d’où l’on voit de temps à autre émerger d’un blocage de mortier une pierre tombale des religieux de Lône Je me rappelle avoir vu il y a vingt ans la partie supérieure d’une de ces belles pierres roses sur laquelle l’image du défunt était gravée au trait La brisure de la pierre ne laissait voir que le buste et les mains jointes sur la poitrine avec un fragment d’arcature ogivale.».
Ainsi, sur ce terrain, dans les années 1840, on voyait des pierres gravées, que Dhétel identifie comme des pierres tombales de l’ancienne abbaye de Losne, mais il pouvait rester aussi des fragments des monuments du cimetière, du début du XIXe s.

Enfin, la société CBV y a installé un ensemble de bâtiments industriels dans les années 1950, repris ensuite par la société Deutz-Marine et aujourd’hui à l’abandon depuis de nombreuses années. (Le bâtiment de l'ancienne chaudronnerie Jovignot, exploité aujourd'hui par l'Atelier Fluvial se trouve aussi sur ce "bastion de pierre", cf. plan de Saint-Jean-de-Losne ci-contre).

vue aérienne (vers 1960) 

 

Autre vue aérienne (Carte postale vers 1960)

Le sol de ce terrain renferme encore certainement des vestiges des bâtiments et de l’église de l’ancienne abbaye de Losne, ainsi que des restes de monuments funéraires de l’époque révolutionnaire et du début du XIXe s. (voire plus anciens, apportés de l’ancien cimetière en 1792), demeurés en place après  le transfert du cimetière en 1823.
Une exploration archéologique préalable devra être programmée avant toute éventuelle opération future d’urbanisme sur ce site, pour recueillir les vestiges de l’Abbaye de Losne et des anciens cimetières de Saint-Jean-de-Losne.

Pierre Marie Guéritey 05 08 2015
 


lundi 20 juillet 2015

Monuments aux morts du canton : Saint-Jean-de-Losne


 
Alors que l'an dernier à pareille époque, on ne parlait que de la commémoration de la guerre de 14-18, il n'en est plus guère question aujourd'hui. Et pourtant, il y a 100 ans, la guerre continuait...
En août 1915, on accorde des permissions



Dès que cette guerre sera enfin terminée, on pensera à honorer la mémoire des morts.
Le 14 novembre 1918, le conseil municipal de Saint-Jean de-Losne décide de faire placer sous le proche de l’Hôtel de Ville une plaque de marbre avec les noms des morts pour la France.
Ce projet est resté sans suite, et le 24 mars 1919, le conseil crée une commission chargée de faire construire un monument aux morts, et d’ouvrir une souscription : la ville souscrit d’emblée pour un premier versement de 2000 F.
Le 18 mars 1921, le conseil décide d’acquérir la maison Saunier frappée d’alignement à l’angle du quai Lafayette et de la place de la marine. Cette maison sera démolie pour laisser la place au monument projeté.
La ville contracte un emprunt de 10000 F pour couvrir l’achat de la maison, la construction du monument et l’aménagement de la place, confiés à l’architecte Auguste Drouot de Dijon (1881-1958).
Une séance artistique est organisée au profit de la construction du monument, avec la participation de la cantatrice Marcelle Demougeot, de l'opéra,  originaire de Saint-Jean-de-Losne .
Depuis 1919, et jusqu’en 1921, les cérémonies commémoratives de l’armistice étaient organisées au cimetière, devant le monument aux morts de la guerre de 1870.

Le monument aux morts de la guerre de 1870 devant la chapelle du cimetière
Le dimanche 13 novembre 1921, l’ordre du cortège qui se rendait au cimetière était le suivant :
1-      Les mutilés
2-      Les enfants des écoles
3-      L’harmonie municipale
4-      Les volontaires de Belle-Défense
5-      Les vétérans
6-      Les chasseurs à pied
7-      Le souvenir Français
8-      Les jeunes de Belle-Défense
9-      La Société de secours mutuels
10-  Le conseil municipal
 
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La nouvelle place s’appelle désormais place de Verdun, et l’inauguration du monument portant les noms des 57 soldats de Saint-Jean-de-Losne morts pour la France a lieu le dimanche 12 novembre 1922.
La place de Verdun aujourd'hui

Le monument aux morts en 1922

Le monument aux morts aujourd'hui
 Aucun document ne désigne le sculpteur, mais la statue est signée d’Eugène Piron
 

Eugène Piron né à Dijon le 30 avril 1875, élèves des Beaux-Arts de Dijon puis de Paris, grand prix de Rome en 1903 a réalisé le célèbre monument aux morts de Salon-de-Provence, où il s’est installé et où il est mort le 17 novembre 1928.
Il a collaboré avec les sculpteurs Paul Gasq (1860-1944), Henri Bouchard (1875-1960), et Jean Dampt (1854-1945) tous anciens élèves de l’école des Beaux-arts de Dijon, pour le monument aux morts de Dijon construit sous la direction d’Auguste Drouot, inauguré le 9 novembre 1925. (situé sur le rond-point Edmond Michelet à l’intersection du cours du parc de la Colombière et du cours général de Gaulle).
 
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les plaques commémoratives des morts des trois communes constituant la paroisse: Saint-Jean-de-Losne, Echenon et Saint-Usage , sont placées en 1924, dans l'église paroissiale, avec l'autorisation des monuments historiques.
  
Pierre Marie Guéritey

à suivre : le monument aux morts de Brazey-en-Plaine

 

 

jeudi 25 juin 2015

Anne Froidebise en concert à Saint-Jean-de-Losne


Dimanche 5 juillet 2015 à 18 heures à l’église

"Bach et la France"

Clavecin et orgue historique (Bénigne Boillot 1768)

Jean Sébastien Bach, Antoine Forqueray,

André Raison, Jacques Champion de Chambonnières

Programme :

1) Suite en do mineur (clavecin)
J.S. Bach (1685-1750) :
Allemande et Courante de la Deuxième Suite française BWV 813

A. Forqueray(1671-1745) : La Sylva, La Boisson
Extraits des Pièces de viole, composées par Mr Forqueray le père, mises en pièces de clavecin par Mr Forqueray le fils ( J.B.A. Forqueray (1699-1782)

2) Kyrie en alternance (orgue)

A. Raison (avant 1650-1719) :
Premier Kyrie, gravement, de la Messe du troisième Ton
J.S. Bach: Kyrie, Gott ,Vater in Ewigkeit BWV 672, de la Clavierübung III
A. Raison : Second Kyrie, fugue grave sur la trompette
J.S. Bach: Fugue en mi mineur BWV 855
J.S. Bach: Christe, aller Welt Trost BWV 673, de la Clavierübung III
A. Raison : Christe, duo
A. Raison : Quatrième Kyrie dessus et basse de trompette,
J.S. Bach: Kyrie,Gott heiliger Geist BWV 674,
A. Raison : Dernier Kyrie, dialogue

3) Suite en sol majeur (clavecin)

J.S. Bach : Allemande, Courante, de la Cinquième Suite française BWV 816.
J. Champion de Chambonnières (1602-1672) :
Sarabande Jeunes Zéphirs, Double de la Sarabande, Menuet.
J.S. Bach : Gavotte et Loure de la Cinquième Suite française
J. Champion de Chambonnières : Gigue, la Villageoise.
J.S. Bach : Gigue de la Cinquième Suite française BWV 816.

 
Anne Froidebise explique ses intentions pour ce programme :

« Le programme de ce concert prend la forme d’un triptyque : clavecin, orgue, clavecin :
Dans la première partie du XVIIIe siècle ces deux instruments sont riches d’un répertoire composé par les plus grands musiciens du temps, en Allemagne comme en France.

On sait que Bach connaissait très bien la musique française. Plusieurs de ses pièces pour l’orgue ou le clavecin portent des titres ou des indications en français. Les suites françaises sont titrées « Suites pour le clavessin »  Des similitudes entre certaines de ses pièces et des pièces de compositeurs français ont été relevées depuis longtemps. Par exemple, le prélude de la première suite anglaise de Bach serait inspiré de la gigue de la première suite de clavecin de Charles Dieupart, le thème de la Passacaille en ut mineur est identique dans sa première moitié à la basse d’un trio d’André Raison.

Ce programme met Bach en perspective avec les compositeurs français Chambonnières, Raison et Forqueray, délaissant volontairement pour ce projet ses deux grands contemporains Couperin et Rameau.

Chaque partie du concert alterne dans un même cycle des pièces de Bach et des pièces françaises. Au clavecin, deux suites ont été assemblées en respectant l’unité tonale et le caractère des pièces d’une suite de danses conventionnelle. C’est ainsi que, dans la suite « recomposée »en do mineur, les pièces pour viole d’Antoine Forqueray, « La Sylva » et « La Boisson », prennent la place d’une sarabande et d’une gigue, alors que leur auteur ne les a pas désignées de la sorte. Dans la suite  « recomposée »en sol majeur, les pièces gardent leur titre de danse mais la confrontation vient de la grande différence d’écriture entre Bach et le claveciniste de la Chambre du Roy, né quatre-vingts ans avant lui.

Le volet destiné à l’orgue prend la forme d’un Kyrie, organisé selon le cérémonial préconisant l’alternance entre versets joués à l’orgue et versets chantés. Les pages de Bach prennent la place des parties chantées.
Ici aussi, il y a confrontation entre les trois chorals de Bach, pièces de la maturité, la fugue à deux voix, issue du Premier livre du Clavier bien tempéré, et le langage volontairement simple, fonctionnel et efficace de l’organiste français ».

 

Anne Froidebise
a fait ses études aux Conservatoire Royaux de Liège et de Bruxelles où elle a été diplômée pour les trois instruments à clavier: piano (classe de Robert Leuridan), orgue (classe de Hubert Schoonbroodt) et clavecin (classe de Charles Koenig). Elle a également reçu les conseils de Xavier Darasse et Bernard Lagacé lors d’académies d’été.
Son intérêt pour toute la littérature de l’orgue lui a permis de se produire sur de nombreux instruments d’esthétiques différentes, anciens et modernes, réputés ou moins connus.
En musique de chambre elle a été associée pendant une vingtaine d’années aux flûtistes Jean-Paul et Emmanuel Pirard avec lesquels elle a donné de très nombreux concerts en Europe et aux Etats –Unis. Comme claveciniste elle a joué à plusieurs reprises l’intégrale des sonates de Bach pour flûte et pour violon. Elle s’est produite en soliste avec l’orchestre philharmonique de Liège  et différents orchestres de chambre.
Sa discographie est importante, plus de vingt enregistrements
L’enseignement représente une grande partie de sa vie de musicienne. Professeur d’orgue au Conservatoire Royal de Liège et professeur d’orgue et de clavecin au Conservatoire de Verviers, elle rencontre chaque semaine des étudiants et élèves de tous âges et de tous niveaux, du débutant enfant ou adulte au jeune professionnel au seuil du métier. 
Soucieuse de faire mieux connaître l’orgue et sa musique, elle poursuit, au sein de l’association « Art et Orgue en Wallonie »une action de sensibilisation du public par l’organisation de concerts, d’exposés et de visites guidées, en collaboration avec différents partenaires.
Membre de la Commission Royale des Monuments, Sites et Fouilles de la Région Wallonne de 1992 à 2014, elle est actuellement vice-présidente de la Fédération Francophone des Amis de l’Orgue (FFAO).