A mi-chemin entre Dijon et Dole, Saint-Jean-de-Losne n'a pas comme seul titre de gloire d'être une des plus petites communes de France!... Son patrimoine évoque un passé glorieux et prospère. Des manifestations notamment culturelles s'y déroulent, qui méritent d'être découvertes. Il ne suffit pas d'y passer en bateau ou en vélo, il faut s'y arrêter...

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lundi 21 janvier 2019

Une publicité efficace à long terme ...


 Ce 14 janvier, « Le Bien Public » annonçait :
« Val de Saône : ils habitent la plaine et préfèrent Dole à Dijon … »


Photo le Bien Public 
Est-ce l’effet de cette réclame que les habitants du val de Saône ont depuis longtemps sous les yeux ?

jeudi 8 décembre 2016

le val de Saône monumental aux Archives départementales de la Côte-d'or


L'église des Maillys (1867)

 
Entre Pontailler et Seurre, le Val de Saône en Côte-d’Or a bénéficié au xixe s. de plusieurs facteurs positifs de développement. En relation avec Lyon et la Méditerranée par la Saône puis avec Paris et l’Alsace par les canaux, ce territoire rural était à même de produire et d’exporter des denrées alors indispensables à la vie des grandes métropoles: le fourrage, les céréales, le bois de construction et de chauffage, et même des vins de consommation courante.
 

Entre 1820 et 1870, les communes ont donc pu entreprendre sous l’égide des services du Département et de l’Etat des grands travaux pour améliorer les réseaux de communication en construisant des ponts et des ports d’embarquement sur la rivière, et édifiant dans les villages des bâtiments fonctionnels d’éducation, d’administration municipale et de culte, ainsi que des usines.
 
A cette époque, ces bâtiments étaient entourés de beaucoup de maisons encore construites en pans de bois et couvertes en chaume : ce voisinage leur conférait un aspect vraiment monumental. Très coûteux pour l’économie de la commune, ils étaient la fierté de chaque village, et beaucoup sont encore visibles aujourd’hui.
Témoins de l’art de plusieurs générations d’ingénieurs et d’architectes, ils sont documentés par les dossiers de leur construction conservés dans divers fonds d’archives, en particulier aux archives départementales de la Côte-d’Or. Souvent ces dossiers contiennent de magnifiques plans et dessins d’architectes.

 
 
Brazey-en-Plaine façade de la mairie-école (Alfred Chevrot 1851, AD21)
 
Plan du port de Seurre (Henri Darcy 1831)
 
L’exposition organisée par les Archives départementales de la Côte-d’Or, avec la concours de Pierre Marie Guéritey, président de l’association Saône Nature et Patrimoine, présente, avec quelques maquettes et objets significatifs de l’époque, un panorama -certes loin d’être exhaustif- de ces documents, et tente d’évoquer ainsi l’évolution économique et architecturale du Val de Saône au xixe s.
 
1er décembre 2016 - 17 septembre 2017 
Archives Départementales, 8 rue Jeannin, Dijon, 
salle des gardes, du lundi au vendredi 8h30-17h. 
Tél: 03 80 63 66 98

 

mardi 25 août 2015

Histoire et Patrimoine du Val de Saône : bulletin n°2

Le n°2 du bulletin annuel a été publié à l’occasion de la 5e journée de rencontres Histoire et Patrimoine du val de Saône le 18 avril à Saint-Usage.
On y trouve le compte-rendu des 3e et 4e journées de rencontres à Seurre (12 avril 2014) et Brazey-en-Plaine (15 novembre 2014), ainsi que les textes de plusieurs communications présentées au cours de ces journées :

·        Joseph Magnin, sa carrière en quelques textes, par Pierre Palau
·        Les bâtiments communaux de Brazey-en-Plaine au XIXe s., par Pierre Marie Guéritey
·         La méridienne de temps moyen de la mairie de Brazey-en-Plaine, par Pierre Causeret
·        Du Bois le Duc à la forêt de Mondragon, par Michel Jovignot
·        Les professions de santé à Auxonne, par Martine Speranza
·        D’une guerre à l’autre, par Robert Michelin
·        Images anciennes de Seurre, du xviie au xixe siècle par Anne-Marie Constancias
 
Patrimoine vivant :

·        Un exemple de patrimoine oral sauvegardé des années 1935 à 1965 : le patois, par Catherine Benoît.
·        Tableaux de Saint-Jean-de-Losne au milieu du xxe siècle, par Michelle et Pierre Marie Guéritey

48 pages abondamment illustrées par des photographies et des reproductions de documents d’archives inédits.

 



Cette publication de l’association Saône Nature & Patrimoine bénéficie de l’aide de la fondation AGIR de la caisse régionale Champagne Bourgogne du Crédit Agricole.




On peut se procurer ce bulletin auprès de:

Saône Nature et Patrimoine
Mairie de Saint-Jean-de-Losne
Rue de la Liberté
21170 Saint-Jean-de-Losne

Prix : 12 € + frais de port (voir bulletin de commande)



 Le bulletin n°1:

 
 est encore disponible dans les mêmes conditions:


La 6e journée d’études Histoire et Patrimoine du Val de Saône aura lieu à Pagny-le-Château le samedi 14 novembre 2015.
 
(Gratuit et ouvert à tous, renseignements au 03 80 79 08 33).

mardi 28 février 2012

A découvrir : les villages du Canton de Saint-Jean-de-Losne : 1. Saint-Symphorien-sur-Saône.

Symphorien, jeune noble converti au Christianisme et décapité à Autun à la fin du IIe siècle a donné son nom à de nombreux villages, en particulier Saint-Symphorien-sur-Saône.
On croit souvent que la Saône était la frontière entre la France et l’Empire avant la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV en 1674. Ça n’est pas tout à fait exact : la frontière entre la Bourgogne (française) et la Franche-Comté (terre d’Empire) était à peu près la même, à cet endroit, que la limite actuelle des départements de la Côte-d’Or et du Jura.
Comme les autres « villages d’Outre-Saône » (situés sur la rive gauche de la rivière) : Saint-Seine-en Bâche, Laperrière, Samerey, Saint-Symphorien a été souvent traversé et dévasté par les armées combattantes notamment au moment des sièges de Dole et de Saint-Jean-de-Losne en 1636. Au milieu du XVIIe siècle, le village était pratiquement déserté…
Durant quelques années, pendant la Révolution française, Saint-Symphorien s’est appelé « Bellevue-sur-Saône ».
Le canal du Rhône au Rhin forme à peu près la limite entre les communes de Saint-Symphorien et celles de Samerey et Laperrière ; il débouche dans la Saône un peu en amont du village.
Il a été creusé d’abord pour joindre Dole à la Saône. La construction inaugurée le 24 juillet 1784 par le prince de Condé a été retardée par la Révolution et le canal n’a été ouvert à la navigation entre Saint-Symphorien et Dole qu’en 1802. Au XIXe s. la navigation fluviale et les transbordements de marchandises des bateaux au moment des basses eaux de la Saône a apporté une certaine prospérité à ce village principalement rural.
La déclivité du terrain au centre du village met en scène les bâtiments municipaux au bord de la route de Saint-Jean-de-Losne à Auxonne :
la maison commune (mairie-école, 1846),
l’église entourée du cimetière (antérieure au XVIIIe s. plusieurs fois restaurée au XIXe, clocher reconstruit de 1911 à 1914, à l’intérieur grille de communion achetée à Dijon après la Révolution, lambris du chœur en stuc avec des chutes d’objets religieux en bas reliefs (fin XVIIIe s),
 le monument aux morts  et la cour de l’école.

Cet ensemble de bâtiments a été récemment restauré à l’initiative de la municipalité.
La voie bleue (Eurovélo 6), qui longe la Saône de Pagny-la-Ville à Saint-Symphorien (17 km) se continue le long du canal jusqu’à Dole et au-delà. (Course à pied, Equitation, Marche, Vélo)
Autour des écluses d’entrée du canal on remarquera les anciens moulins

et le port fluvial de Bourgogne Marine (Voir la cabine de l’écluse 75 « Dr Jekyll & Mr Hyde » inaugurée le 19 juin 2009, commande de l’Etat, œuvre de Didier Fiuza Faustino).
Pierre Marie Guéritey
© Texte et photos P.M. Guéritey
Références :
Archives départementales de la Côte-d’Or, série IIO.
Chenevoy, Serge, Villages d’Outre-Saône, livre I, Dijon, 1982.
Site officiel de la commune : http://www.stsymphorien-saone.fr/

jeudi 17 février 2011

Un peu d’Histoire pour commencer….

Les origines
La Saône, à la fois frontière et voie de communication, a modelé le paysage et contraint l'implantation, sur ses rives, d'un habitat cherchant les lieux inaccessibles à ses crues, jusqu'à ce que l'homme lui-même, lui ait imposé son cours par ses travaux de génie civil. Le mot « Losne » est utilisé dans toute la basse vallée de la Saône, jusqu'à Lyon, pour désigner les lits secondaires de la rivière, plus ou moins marécageux, séparant des terrains dont les plus élevés accueillent, dès l'antiquité, un peuplement celte d'abord, puis gallo-romain, attiré par les possibilités économiques offertes par la rivière.
En face de l’abbaye de Notre-Dame de Losne, fondée dès le VIIe siècle, Saint-Jean-de-Losne se construit peu à peu.

Le Moyen-âge
En juillet 1227, Alix de Vergy, régente de Bourgogne, veuve du Duc Eudes III, accorde «aux habitants de son château de Saint-Jean» une charte de franchise qui constitue l'acte de naissance de la commune de Saint-Jean-de-Losne, confirmée par une seconde charte accordée par son fils, Hugues IV, en juillet 1252.

XVIe et XVIIe siècles
Au début du XVIe siècle, Saint-Jean-de-Losne est le théâtre d'un événement politique important : c'est là que fut signé, le 8 juillet 1522, le traité de neutralité entre les deux Bourgogne («La Paix des Dames») obtenu par Marguerite d'Autriche, garantissant la pérennité du rattachement de la Franche-Comté à l'Empire.
Le pont de bois franchisant la Saône entre Losne et Saint-Jean-de-Losne est construit en 1589.

Le Siège de Saint-Jean-de-Losne demeure un épisode célèbre de la guerre de 30 ans : après l'échec des Français devant Dole, les impériaux, conduits par Gallas, assiègent la ville à partir du 25 octobre 1636. Malgré le bombardement et la brèche ouverte dans les remparts le 30 octobre, les habitants résistent victorieusement jusqu'à ce que les Français, ayant à leur tête le colonel Rantzau, ne viennent enfin, le 2 novembre, prendre à revers les assiégeants déjà considérablement gênés par la crue de la Saône. En reconnaissance de cette "Belle Défense" Louis XIII accorde aux habitants, par lettre patente de décembre 1636, une large exemption d'impôts, renouvelée jusqu'à la Révolution.

Le XVIIIe siècle, la Révolution et l'époque contemporaine
La conquête de la Franche-Comté par Louis XIV, en 1674, enlève à Saint-Jean-de-Losne son rôle militaire les remparts de brique, témoins du siège de 1636, disparaissent au XVIIIe s.
Pendant la Révolution, la ville qui prend le nom de «Belle-Défense» est le chef lieu du district dont dépendent Seurre et Auxonne. Sous l'Empire, Saint-Jean-de-Losne aura encore l'occasion de se distinguer : en 1814, la ville subit le siège des « coalisés » poursuivant les restes de l'armée de Napoléon. Bien qu’elle ait du capituler, l'Empereur, lui accorde la Légion d'Honneur en 1815 pendant les Cent-Jours. Pendant le XIXe siècle, Saint-Jean-de-Losne, chef lieu d’un riche canton agricole tire sa prospérité de l’administration, du commerce, de l’industrie, et de la navigation sur la Saône (batellerie). Située au point de jonction des canaux de Bourgogne et du Rhône au Rhin avec la Saône, la ville aménage un véritable port fluvial en creusant la «gare d'eau» de 1844 à 1853.
Saint-Jean-de-Losne, point central du val de Saône, est aujourd’hui le 2° port français de tourisme fluvial.
Pierre Marie Guéritey

Clair de lune sur la Gare d'eau... © Photo Michelle Guéritey