A mi-chemin entre Dijon et Dole, Saint-Jean-de-Losne n'a pas comme seul titre de gloire d'être une des plus petites communes de France!... Son patrimoine évoque un passé glorieux et prospère. Des manifestations notamment culturelles s'y déroulent, qui méritent d'être découvertes. Il ne suffit pas d'y passer en bateau ou en vélo, il faut s'y arrêter...

vendredi 16 mai 2014

La rénovation du pont de Saint-Jean-de-Losne (1)


Les travaux de réparation du pont de Saint-Jean-de-Losne ont commencé depuis un mois, …

Le pont de Saint-Jean-de-Losne

Le pont de bois
Pendant plusieurs siècles, sous l’ancien Régime la route n° 27 de Dijon à Losne par Longecourt et Brazey franchissait la Saône à Saint-Jean-de-Losne sur un pont de bois, qui traversait la rivière en biais.
Le pont de bois
Ce pont partait de la rive droite un peu en aval du pont actuel et allait à Losne encore plus en aval, pour rejoindre l’  « ancienne » route de Seurre. Le plan ci-dessus (Atlas général des routes de la province de Bourgogne (1756), ADCO, détail) en montre clairement la raison : il fallait contourner les anciens murs et le fossé entourant l’abbaye de Losne.

Le pont de pierre
Maintes fois détruit par les crues et la débâcle des glaces, il a toujours été reconstruit à la même place jusqu’en 1830. Définitivement ruiné, il a été reconstruit en pierre à partir de 1833.
 
L’Atlas Cantonal du département de la Côte-d’Or (1836) montre le nouveau pont. Reconstruit après avoir été coupé pendant la guerre de 1870, ce pont a été dynamité par les français le 16 juin 1940, puis ce qui en restait par les allemands le 7 septembre 1944.

Le pont de pierre détruit pendant la dernière guerre

Le pont actuel : une construction originale en béton armé
Le pont a été reconstruit à la même place en 1950-51. Les deux arches extrêmes ont été refaites en maçonnerie, et on a intercalé une structure en béton armé reposant sur deux anciennes piles intermédiaires conservées et consolidées.

Le tablier du pont est supporté par 8 demi-poutres formant chacune une arche latérale de 34,5 m., et, en porte à faux, 16 m. de l’arche centrale, complétée par une poutre de 20 mètres.

Ces poutres ont été réalisées sur un chantier de préfabrication installé sur la rive gauche, 250 m. en amont du pont : les poutres sont coffrées ferraillées et coulées côte à côte, perpendiculaires au lit de la Saône.

Une fois les poutres construites, il a fallu les mettre en place, et le procédé de transport ne devait pas les soumettre à des efforts différents de ceux pour lesquels elles avaient été calculées. (Chaque demi-poutre d'une longueur de 52 m. a une masse de 185 tonnes pour les poutres intermédiaires et 155 tonnes pour les poutres de rives).

L'entreprise qui avait pris en charge le chantier ayant fait faillite, la société Chanier Bouchard & Vaissac, dirigée par Monsieur Gilbert Bouchard et Monsieur André Vaissac, s’est chargée du transport, en collaboration avec la société Schwartz-Hammont.

Les 8 demi-poutres ont été transportées sur la rivière en septembre 1950. Pour ce faire, une « portière » (ensemble de bateaux attachés entre eux) a été utilisée, dont la hauteur de flottaison pouvait varier grâce à des ballasts remplis d'eau, afin de soulever la poutre, puis de la déposer ensuite en place sur les piles du pont.
Transport d’une demi-poutre sur la rivière (A.M. Saint-Jean-de-Losne)

Les demi-poutres ont été ensuite reliées par les poutres centrales coulées sur place et, entre elles latéralement par des entretoises. Le tablier et la chaussée étant enfin réalisés, on a procédé aux essais en faisant stationner sur le pont deux files de trois camions chargés pesant ensemble 134 tonnes, (essais statiques), puis en les faisant circuler (essais dynamiques).
 (A.M. Saint-Jean-de-Losne)
Le nouveau pont a été inauguré le 1er juillet 1951
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Pierre-Marie Gueritey, Un pont sur la Saône : la reconstruction du pont de Saint-Jean-de-Losne (1947-1951), Office de Tourisme de Saint-Jean-de-Losne, avril 1997.

Guénot, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Pezet, Ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées, « Reconstruction du Pont de Saint-Jean-de-Losne sur la Saône », dans Annales des Ponts et Chaussées, 122° année, n° 2, mars-avril 1952.
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Actuellement, près de 8000 véhicules par jour (dont un nombre important de poids lourds) franchissent la Saône sur cet ouvrage, long de 170 m (Route départementale 968). Ce pont dont les trottoirs sont très étroits est emprunté par beaucoup de piétons car il relie Losne et Saint-Jean-de-Losne qui font partie d’une même agglomération (bien que constituant deux communes différentes).

Le chantier de rénovation
Après plus de 60 ans, le béton a subi une importante carbonatation, les armatures sont donc menacées par la corrosion et un traitement était indispensable pour assurer la pérennité de l’ouvrage. La largeur de la chaussée sera réduite de 7 à 6 m. avec un trottoir plus large en amont.

Une circulation alternée a été mise en place, avec modification du plan de circulation dans Saint-Jean-de-Losne (rue de la Liberté en double sens).
Aujourd’hui, le chantier concerne la moitié amont : Les garde-corps et les trottoirs ont été arasés, un garde-corps provisoire a été installé et le revêtement de la chaussée décapé. Une chape d’étanchéité a été coulée sur le tablier pour préserver les armatures du béton. Les réseaux d’adduction d’eau et de transfert des eaux usées sont rénovés.
 
 

 
La base technique est installée sur le quai Lafayette interdit à la circulation. Les nouvelles bordures de trottoirs en granit y sont entreposées…
A suivre….

Pierre Marie Guéritey

© Photos et texte Pierre Marie Guéritey, mai 2014

dimanche 4 mai 2014

Saint-Jean-de-Losne, ville d’Art et d’Histoire…

La saison touristique a commencé dès le 9 avril avec l’accueil d’un groupe de 48 retraités de l’éducation nationale de Dole : déjeuner à l’auberge du Paradis à Maison-Dieu, visite du musée, visite de la ville en alternance, et découverte de la gare d’eau avec Pierre Marie Guéritey.

Après de nombreux passages dans notre ville en 2013, la péniche hôtel « Jeanine » de la Société Croisereurope revient à Saint-Jean-de-Losne en 2014, avec aussi une nouvelle péniche « Anne-Marie ».

L’offre de l’office de tourisme Rives de Saône a séduit cette compagnie et chaque fois, les passagers sont enchantés de leur escale à Saint-Jean-de-Losne.

Le débarquement sur le quai à gradins de Losne permet d’expliquer la situation de la ville et de ses villages environnants, et d’évoquer l’histoire du port de Saint-Jean-de-Losne et du pont de Saône (actuellement en grande réparation), pont de bois jusqu’en 1830, puis pont de pierre dont la construction et celle des quais à gradins des deux rives ont apporté de grands changements à Losne et à Saint-Jean-de-Losne au milieu du XIXe s..
Enfin le pont actuel en béton armé reconstruit en 1951 après les destructions de 1940 et 1944…
Après un coup d’œil au monument commémoratif du siège de 1636, construit en 1891, et dont le grand monolithe en pierre de Damparis se dresse à l’endroit même où les échevins ont proclamé leur décision de continuer à résister aux assiégeants, on entre à l’église.
Les visiteurs sont surpris par la taille de cet édifice pour une si petite ville… les explications sur la construction de l’église au XVIe s, le rôle de la paroisse, des prêtres familiers, le comportement des Saint-Jean-de-Losnais pendant la Révolution permettent de comprendre la présence dans cet édifice d’un riche mobilier antérieur à la Révolution (fonts baptismaux, chaire à prêcher, stalles, orgue, confessionnaux, baldaquin du maître autel) entièrement classé Monument historique ainsi que l’église.
La visite de l’Hôtel de ville révèle les détails de la « belle défense » de Saint-Jean-de-Losne en 1636 face à l’armée du général Gallas. Le grand tableau de Godefroy et Badin exposé dans la salle du conseil permet de faire revivre cet épisode glorieux de l’histoire locale. Ancien Hôtel particulier du XVIIe s. agrandi au XVIIIe et acquis par la ville en 1829, le bâtiment renferme bien d’autres objets intéressants : un rare poêle en terre vernissée de la fin du XVIIIe s. et le décor complet du salon d’honneur en papier peint à arabesques de la manufacture Réveillon (vers 1780).
Le temps manque en général pour présenter les tableaux exposés dans la petite salle : « l’arrivée des ministres à Saint-Jean-de-Losne 23 juillet 1905, inauguration de la ligne de Saint-Jean-de-Losne à Lons le Saunier » toile du peintre Louis Dumontant, né à Saint Jean de Losne en 1881, et aussi, le grand tableau du peintre Pierre-Joseph Givry « la rade de Saint-Vaast-la-Hooghe le soir », exposé à Paris au salon de 1892 et donné à la ville en 1916.
Après une petite collation, dégustation de produits régionaux, et l’achat de quelques souvenirs proposés par l’Office de tourisme,
les visiteurs n’ont qu’à traverser la rue pour entrer au musée de la batellerie qui leur propose un vaste panorama de la vie batelière à Saint-Jean-de-Losne.
C’est un vrai plaisir de présenter les édifices chargés d’histoire et les nombreux objets d’art : mobilier de l’église, statues de l’école bourguignonne, tableaux, papier imprimé à la planche, placés dans le contexte de l’histoire de la petite ville, qui constituent l’attrait principal de cette promenade, et que les visiteurs peuvent compléter en allant faire quelques achats en ville et en allant flâner un peu au bord de la « gare d’eau », actuel port de plaisance, avant de remonter à bord de leur péniche-hôtel pour l’apéritif du soir…

Voir l’offre de l’Office de tourisme pour les groupes : http://www.saone-tourisme.fr/visites-commentees
Pierre Marie Guéritey, 4 mai 2014
 © pour le texte et toutes les photos

mercredi 30 avril 2014

Le 1er bulletin Histoire et Patrimoine du Val de Saône est paru

En créant les Journées d’études Histoire et Patrimoine du Val de Saône, l’objectif de l’association Saône Nature et Patrimoine, dont le siège est à Saint-Jean-de-Losne, était de faire se rencontrer des personnes intéressées par l’Histoire et le Patrimoine sous toutes ses formes : monuments, nature, histoire, arts, mémoire collective, traditions, dans le Val de Saône, d’Auxonne à Seurre en passant par Saint-Jean-de-Losne, voire au-delà, et en mettant aussi en valeur le travail de ceux qui font des recherches sur ces sujets.


Ce premier bulletin annuel vient de paraître, sous la direction de Pierre Marie Guéritey rédacteur en chef, et la mise en page de Claude Feuillebois, et comprend une partie des conférences faites lors des deux premières journées d’études 2013.
Le lecteur y trouvera le résumé des deux première Journées d’études et six conférences : « Réédification d’une croix de chemin au lieu-dit La Croix Girard » à Maison Dieu (Alain Cessot), le barrage d’Auxonne (Martine Speranza), Pagny la Ville avant 1960… (Jean-Louis Rousselet, Le bateau suspendu dans l’église, et la bannière de la Société de Secours mutuels de Saint Jean de Losne : souvenirs d’une innovation sociale au début du XIXe s. (Pierre Marie Guéritey), Un maire du Val de Saône [Les Maillys] victime de l’arbitraire préfectoral sous la Restauration (Michel Jovignot) et le cimetière intercommunal de la paroisse de Saint-Jean-de-Losne (Michelle Guéritey).
Ce 1er Bulletin a été présenté lors la 3e Journée d’études Histoire et Patrimoine du Val de Saône le 12 avril  dernier à Seurre, et une cinquantaine d’exemplaires ont déjà été vendus.
Descr. : 32 pages, format 21 x 29,7,  illustrations quadri, prix : 12€ (frais de port en sus 2,65€) .
Commande par courrier adressé à Saône Nature et Patrimoine (mairie – 21170 Saint-Jean-de-Losne) avec chèque à l’ordre de l’association.
Des exemplaires sont également en vente à l’Office de Tourisme Rives de Saône, antenne de Saint-Jean-de-Losne.

La prochaine Journée de Rencontres Histoire et Patrimoine aura lieu à Brazey-en-Plaine en novembre.

mardi 15 avril 2014

12 avril : une 3e Journée de Rencontres Histoire et Patrimoine du Val de Saône dense et passionnante

Histoire et Patrimoine du Val de Saône, à Seurre : 
Samedi 12 avril dernier, l’association Saône Nature & Patrimoine avait choisi d’organiser à Seurre la 3e journée de rencontres « Histoire et Patrimoine du Val de Saône ».
Pendant cette journée, préparée par Pierre Marie Guéritey, vice-président de l’association, huit conférenciers se sont succédé pour présenter leurs sujets de recherche devant un public attentif, d’une quarantaine de personnes venant des cantons de Seurre, Saint-Jean-de-Losne, Auxonne…mais aussi de Dijon, Beaune et Dole.
La salle de réception de l’Hôtel de ville offrait un cadre idéal pour ces exposés sur des sujets divers : la forêt de Mondragon (Michel Jovignot), quelques figures du monde médical à Auxonne (Martine Speranza), images anciennes de Seurre (Anne-Marie Constancias), la chapelle patronale d’Echenon (Pierre Marie Guéritey), les « cherches de feux » au moyen-âge (Alain Cessot), une loge maçonnique à Saint-Jean-de-Losne au début du XIXe siècle (Robert Michelin), présentation des ouvrages « Seurre 1939-1945 » (Gérard Michéa et Tifenn Chauvin).

Les participants ont été accueillis par Jean-Louis Rousselet, adjoint aux affaires culturelles, et membre de l’association, qui a aussi animé une visite du musée des gens de la Saône, après le repas pris en commun au restaurant.
Monsieur Alain Becquet, maire de Seurre retenu le matin, a pu assister à plusieurs des exposés de l’après-midi.
L’association Saône Nature & Patrimoine tient à remercier la municipalité de Seurre pour son accueil chaleureux. 
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L'association a présenté lors de cette journée son premier Bulletin (2013) "Histoire et Patrimoine du Val de Saône" qui comporte 6 communications :
- Réédification d'une croix de chemin au lieu-dit  "La Croix Girard" à Maison-Dieu (Losne)
par Alain Cessot.
- Le barrage d'Auxonne
par Martine Speranza
- Pagny la Ville avant 1960 ...
par Jean-Louis Rousselet
- Le bateau suspendu dans l'église et la bannière de la Société de Secours Mutuels de Saint-Jean-de-Losne : souvenirs d'une innovation sociale au début du IXIe siècle.
par Pierre Marie Guéritey
- Un maire du Val de Saône victime de l'arbitraire préfectoral sous la Restauration.
par Michel Jovignot
- Le cimetière intercommunal de la paroisse de Saint-Jean-de-Losne.
par Michelle Guéritey

Ce bulletin, de 32 pages, format 21x29,7, photos et documents quadri, peut être obtenu au prix de 12€, soit auprès de l'association Saône Nature & Patrimoine (Mairie - 21170 Saint Jean de Losne). Port : 2,65€. Soit auprès de l'Office de Tourisme Rives de Saône à Saint jean de Losne (rue de la liberté).

jeudi 10 avril 2014

12 avril à Seurre : 3e Journée de Rencontre Histoire et Patrimoine du Val de Saône

Après Saint-Jean-de-Losne et Auxonne, les participants aux Journées Rencontre Histoire et Patrimoine du Val de Saône se retrouveront à Seurre.

Au programme :
10h, La forêt de Mondragon, par Michel Jovignot (Soirans) :
Bien moins connue que sa soeur la forêt de Citeaux, pourtant deux fois moins étendue, la forêt de Mondragon  constitue un vaste massif, essentielement constitué de chênes pédonculés, sur  les terrasses alluviales de la rive droite de la Saone. Elle concerne une vingtaine de communes des cantons de Pontailler et Auxonne qui y possèdent, depuis le haut moyen âge, d'importantes forêts affouagères communales; deux forêts domaniales y ont remplacé  depuis deux cents ans,celles exploitées au profit des ordres religieux. On étudiera tout particulièrement comment on est passé, pour une bonne part, d'une forêt ducale à une forêt privée et dans quelles conditions la famille de Mondragon a pu se constituer un vaste domaine forestier au XIXe siècle, au point que le massif tout entier a pris le nom de ce ce riche et puissant personnage.

10h45, des professions de santé à Auxonne : quelques figures, par Martine Speranza (Auxonne) :
Auxonne autrefois était une ville importante, centre de ressources en matière de soins et de santé pour toute une population rurale avoisinante. On y trouve un Hôpital civil et militaire, des médecins, des pharmaciens, des sages-femmes, un herboriste, un dentiste et même un médecin des pauvres, sans oublier les vétérinaires.
 Quelques figures ont laissé des traces de leur activité souvent multiple, elles appartiennent à la classe des notables : ce sont des praticiens, voire des artistes, ou bien des commerçants plus ou moins doués, et parmi eux certains ont engendré des célébrités …


11h30, images anciennes de Seurre par Anne-Marie Constancias (Seurre).
Le jésuite Etienne Martellange a laissé plusieurs dessins de la ville de Seurre, mais il y a bien d'autres représentations anciennes de cette ville. Une importante collection de plans, gravures, dessins et peintures, ... de la ville de Seurre sera présentée...




15h, La communauté d'Echenon et sa chapelle patronale, par Pierre Marie Guéritey (Saint-Jean-de-Losne).
Les villages d'Echenon et Saint-Usage font partie de la paroisse de Saint-Jean-de-Losne "depuis des temps immémoriaux". Les habitants d'Echenon ont nénanmoins cherché depuis très longtemps à construire un lieu de culte sur le territoire de leur commune. Le projet grandiose de 1853 dégage une forte odeur d'esprit de clocher. Il a été abandonné et 'l'église d'Echenon" à côté de la mairie-école est encore la "chapelle patronale", modeste édifice construit en 1670, maintes fois réparé et reconstruit.


15h45, Les cherches de feux : premiers recensements de la population au moyen-âge, par Alain Cessot (Losne).
Les cherches de feux sont les premiers recensements systématiques effectués principalement aux XIVe, XVe et XVIe siècles. Leur objectif était la levée de l'impôt (aide) au bénéfice des Etats de Bourgogne. Elles servaient au financement des guerres, à la défense et à la gestion du territoire bourguignon. Elles sont antérieures aux registres d'état civil et paroissiaux et aux premiers documents notariés. C'est donc une mine de renseignements pour le généalogiste et le passionné d'histoire locale : on peut y observer l'évolution des noms de famille, et à l'échelle de chaque village la liste des habitants, leur profession et leur catégorie sociale. Ces listes sont de plus magnifiquement calligraphiées et permettent d'aborder au moyen de quelques clés l'étude des anciennes écritures (la paléographie). Une source de renseignements à ne pas manquer donc !

16h30, Une loge maçonnique à Saint-Jean-de-Losne sous le 1er Empire et la Restauration, par Robert Michelin (Pagny-la-Ville).
Comme les abeilles, symbole de l'époque, les maçons dijonnais essaimèrent à saint-Jean-de-Losne où une loge fut créée sous le titre distinctif  "Les amis de l'ordre et de la Bienveillance". Née trop tard, elle n'a pu bénéficier longtemps du contexte favorable de l'Empire, mais, comme ses consœurs, a dû en payer le prix et suspendre ses travaux vers 1816. A leur différence, elle tenta un réveil sous la Restauration en 1818. Squelettique, cette loge se traîna non sans plusieurs interruptions jusque vers 1824, époque où elle sombre définitivement dans les ténèbres.





17h15, "Seurre et ses environs dans la tourmente 1939-1945" : la collecte et l'exploitation des témoignages,
par Gérard Michéa et Tifenn Chauvin (Seurre).
Présentation de l'ouvrage (2 volumes) réalisé en grande partie à l'aide des témoignages des habitants de Seurre et des environs, exposé de la méthode de collecte et d'exploitation de ces témoignages.




Les Rencontres Histoire et patrimoine du Val de Saône, organisées par Saône Nature & Patrimoine, samedi 12 avril 2014, 10h-18h, Seurre (mairie, salle de réception au 1er étage). Entrée libre et gratuite.
Rens. 03 80 79 08 33.

lundi 31 mars 2014

3e Journée d'études Histoire et Patrimoine, proposée par l'association Saône Nature et Patrimoine à Seurre le 12 avril prochain.

Suite au succès des deux premières Journée d'études sur l'histoire et le patrimoine du Val de Saône en avril et octobre 2013 à Saint-Jean-de-Losne et à Auxonne, l'association Saône Nature et Patrimoine propose une 3e Journée qui se déroulera à Seurre, salle de réception de la mairie (1er étage), le samedi 12 avril 2014, de 9h45 à 18h. Cette rencontre est gratuite et ouverte à tous et l'on peut assister à tout ou partie de la journée.
Interviendront : à 10h Michel Jovignot (La forêt de Mondragon), 10h45 Martine Speranza (Des professions de santé à Auxonne, quelques figures), 11h30 Anne-Marie Constancias (Images anciennes de Seurre), à 15 h Pierre Marie Guéritey (La communauté d’Echenon et sa chapelle patronale), à 15h45 Alain Cessot (Les cherches feux : premiers recensements de la population au moyen âge), à 16h30 Robert Michelin (Une loge maçonnique à Saint-Jean-de-Losne sous le 1er Empire et la Restauration) et à 17h15 Gérard Michéa et Tifenn Chauvin présenteront leur ouvrage « Seurre et ses environs dans la tourmente 1939-1945 » : la collecte et l’exploitation des témoignages.
A 14h, visite du musée des gens de la Saône (maison Bossuet).
La 3e Journée d'études, comme les précédentes, est une occasion d'approfondir certains sujets et une possibilité d'échanges sur l'histoire et le patrimoine du Val de Saône.
Accueil à 9h45, à la mairie de Seurre (salle de réception, 1er étage). Entrée libre. Ouvert à tous.
Renseignement et inscr: ass. Saône Nature & Patrimoine (mairie - 21170 Saint-Jean-de-Losne) ou par mail (pierre.gueritey@orange.fr et T. 03 80 79 08 33).





mardi 18 mars 2014

Un concert à l’église de Saint-Jean-de-Losne, de l’Ensemble Joseph Samson dimanche 23 mars

Dimanche 23 mars 2014 à 16 heures, en l’église de Saint-Jean-de-Losne, aura lieu un concert de l’Ensemble Joseph-Samson (chœur mixte de Dijon).
Placé sous la direction de Jean-Louis Gand, compositeur et directeur honoraire du Conservatoire de Dijon, l’Ensemble chantera en 1ère partie des œuvres de Jean-Philippe Rameau. En effet, pour célébrer le 250e anniversaire de la mort du grand compositeur dijonnais, l’Ensemble donne une place prépondérante, dans son programme de l’année, à la préparation de plusieurs chœurs extraits des « Grands Motets » de Jean-Philippe Rameau.
Auteur d’un traité d’harmonie qui le fait reconnaître de ses contemporains, Jean-Philippe Rameau, avant de devenir le compositeur célèbre de tant d’opéras, manifeste dans sa musique sacrée tout son génie où il se distingue déjà par le choix d’harmonies raffinées en même temps que par sa maîtrise du contrepoint.
Ces chœurs alternent avec des airs sacrés brillants ou empreints d’une profonde expressivité intérieure selon les intentions du texte.
En seconde partie, l’Ensemble donnera, avec la soprano solo, de très larges extraits du Stabat Mater de Franz Schubert, une œuvre dans laquelle le compositeur romantique donne toute la mesure de sa profonde sensibilité personnelle et de ses capacités d’expression dramatique. Tous les airs solistes de ce programme seront interprétés par Fabienne Conrad, soprano solo, qui mène une brillante carrière nationale aussi bien à l’opéra qu’en oratorio.
L’Ensemble et la soprano solo seront accompagnés par Frédéric Mayeur, qui, après l’obtention d’un 1er prix d’orgue au Conservatoire de Strasbourg, a poursuivi ses études au Conservatoire National Supérieur de Paris où il a obtenu le diplôme de formation supérieur section orgue-interprétation. Depuis 2008, il est directeur de formation des organistes liturgiques du diocèse de Metz.
Le bel orgue Bénigne Boillot de l’église paroissiale sera en parfaite adéquation avec les œuvres présentées. La qualité des interprètes garantit un concert, donné en milieu d’après midi, qui devrait satisfaire un large public. Cette manifestation est organisée en partenariat avec l’association Saône Nature & Patrimoine.

Eglise de Saint-Jean-de-Losne, dimanche 23 mars à 16 heures – Entrée : libre participation. Pas de réservation.

lundi 17 mars 2014

Henry Ducordeaux (1846-1898), vétérinaire à Saint-Jean-de-Losne

Né à Mont-les-Seurre (Saône et Loire) : le 17 mars 1846, Antoine-Balthazard Ducordeaux propriétaire cultivateur vient déclarer son fils Gustave Marie Henry à la mairie accompagné de Jean-Baptiste Gallet géomètre et Louis Bon cultivateur.
Henry Ducordeaux est diplômé de l’école vétérinaire de Lyon à 23 ans en octobre 1869.On le trouve à Saint-Jean-de-Losne dès 1872, il loge dans une auberge rue du château ; en1876, il habite dans la maison du pharmacien Collin rue de la Liberté, puis place de laDélibération, il est voisin de Pierre Joseph Cretin marchand de bois, enfin rue du Canal (rue Joannès Rollier) où il meurt à 52 ans le 6 avril 1898, toujours célibataire.
Sur sa tombe au cimetière, se trouvait une stèle avec l’inscription,

H. DUCORDEAU
MÉDECIN VÉTÉRINAIRE
1846-1898
SES AMIS

surmontée d’un beau buste en bronze, œuvre d’Ernest Boutellier (professeur de sculpture et directeur de l’école des beaux-arts de Dijon, auteur entre autres en 1906 du buste de Joseph Garnier, conservateur des archives départementales de la Côte-d’Or).Ce monument a été érigé par les époux Cretin de Saint-Jean-de-Losne (« ses amis ») dont Henry Ducordeaux était le voisin et l’ami, place de la Délibération. Il avait sauvé la fille de ce couple atteinte d’une maladie infectieuse probablement mortelle (le croup), en pratiquant dans des conditions de fortune une intervention chirurgicale de la dernière chance qui avait sauvé la fillette…
Pierre Joseph Cretin était marchand de bois, il a été un des derniers à pratiquer le transport par flottage et à envoyer vers Lyon et Beaucaire des radeaux de troncs assemblés sur la gare d’eau. Leur fille sauvée par Henry Ducordeaux : Jeanne Marguerite, née le 25 septembre1881, (décédée en 1963) a épousé Edouard Crotet, clerc de notaire, le 15 janvier 1900, c’était la grand-mère de Madame Groche, qui nous a raconté cette histoire.
Le buste en bronze a été sauvegardé à la mairie il y a plusieurs années et la stèle restée en place au cimetière, menacée de destruction dans le cadre de l’opération en cours de reprise des tombes en état d’abandon a été démontée, l’ensemble installé au pied de l’escalier d’honneur de l’Hôtel de Ville de Saint-Jean-de-Losne.

© Texte et Photo Pierre Marie Guéritey

vendredi 7 mars 2014

J - 8 pour le Salon Photo Nature à Saint Jean de Losne

L'association Saône Nature & Patrimoine organise le Salon Photo Nature du Val de Saône les 14, 15 et 16 mars 2014 à la salle polyvalente de Saint-Jean-de-Losne. Ce Salon prend la suite des 6 éditions du Salon de la Photo Animalière du Val de Saône organisé par Promo Saint Jean et s’ouvre à la flore et au paysage, et prend donc la dénomination de Salon Photo Nature. Il nous fait voyager entre Bourgogne, Jura, Hérault, mais aussi beaucoup plus loin comme en Patagonie, au Rwanda ou en Articque.
18 exposants et deux thèmes dans deux espaces : dans la salle polyvalente la faune et dans la salle à usages multiples, la flore et les paysages.
Côté faune : Yannick Gouguenheim (photos subaquatiques en eau douce), Sylvain Vadans (faune du Jura), François Faucon (insectes et papillons), Daniel et Denise Gourdin (les gorilles du Rwanda), André Brocard (faune de Patagonie), Guillaume François (Grand Duc du Jura), Caroline Antao (macrophotographie d’insectes), Eric Mary (libellules), Andrée Lemarié (faune d’Articque), Martine Propice (photos macro et proxi de nature), Dominique Migliani (faune des étangs de l’Hérault).
Côté flore et paysages, on retrouvera avec plaisir Sophie Luciani
et Gaëlle Nauche, et aussi Clément Wurmser (fleurs en lumière crépusculaire) et Frédéric Labaune (macrophotographie au-delà du rapport 1/1).
Participent aussi le Club Photo de Chevigny Saint Sauveur (photos de nature), et le Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne (protection de la nature).
Patryck Vaucoulon, photographe et naturaliste, présentera en avant-première son exposition « Citeaux et les terrasses alluviales de la Saône » (qui sera ensuite installée à l’abbaye de Citeaux en avril). Il dédicacera le récent ouvrage qu’il a publié sur le même sujet. Notons également la présence au salon du magasin Phox de Dijon (matériel photographique).
Les visiteurs pourront voter pour la photo de leur choix. Trois prix récompenseront les photographes : Prix du public adulte, Prix du Public Enfant et Jeunes, et Prix de l’association Saône Nature & Patrimoine.
Le samedi 15 mars à 19h30 aura lieu la projection (entrée libre) de films et diaporamas animaliers à la salle des fêtes de Losne.


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Renseignements pratiques : ouverture du Salon Photo Nature : vendredi 14 mars de 14h à 18h, samedi 15 mars et dimanche 16 mars de 10h à 18h non stop. Entrée du salon : 2€ (gratuit – 14 ans). Grand parking gratuit. Buvette et petite restauration.

Ce salon de la Photo Nature, au-delà de la beauté et de la qualité photographique, est aussi un moyen de faire passer un message, de témoigner de la beauté du monde et de la nécessité de sa protection. Il permet également d’échanger avec les photographes sur l’art de la photo et la nature.
Pour trouver le Salon à Saint Jean de Losne :

vendredi 21 février 2014

Un anniversaire oublié : l’invasion de 1814 à Saint Jean-de-Losne.

Les habitants de Saint-Jean-de-Losne ont montré encore une fois leur bravoure, en résistant aux troupes des coalisés qui poursuivaient l’armée de Napoléon 1er pendant la campagne de France….
Le 15 janvier 1814, les troupes autrichiennes approchent de Losne. Le maire de Saint-Jean-de-Losne, Pierre Coste, réunit le conseil municipal et prend des mesures visant à assurer le plus grand calme. Le commandant de la garde nationale, Marion, est chargé d’en assurer l’exécution. Le Maire attend l’arrivée de 9 cavaliers et 250 à 300 fantassins en provenance d’Auxonne. Le 16 janvier a lieu la première escarmouche. Le Maire en rend compte au préfet :
« quelque-uns de nos concitoyens à cheval et beaucoup d’autres à pieds et armés se sont réunis à l’instant à la troupe et ont couru ensemble au poste ennemi qui a été emporté de vive force après un sanglant combat. Onze d’entre eux ont été faits prisonniers, quatre ont été tués et sept se sont sauvés ».
Le même jour, le pont est coupé. La délibération prise le 17 janvier fait état de 19 prisonniers autrichiens. Des nouveaux combats ont lieu. Une commission est nommée pour organiser une compagnie formée d’habitants originaires du canton âgés de 20 à 50 ans. Le 18 janvier, le maire fait une proclamation aux habitants de la ville :
« Le zèle, le dévouement, la bravoure de plusieurs d’entre vous, favorisent les obstacles que nous opposons à l’ennemi. Tous se réunir pour rétablir dans vos âmes la sécurité indispensable pour agir avec sang-froid et continué l’exécution de nos mesures de précautions. Quelques-uns semblent voir avec peine le départ de quelques femmes et enfants ainsi que l’exportation de quelques marchandises. Et que vous importe ! Les femmes et les enfants ne peuvent pas nous être d’une grande utilité. Nous ne pouvons en quelque sorte refuser le départ aux femmes surtout, dont l’extrême sensibilité pourrait peut-être paralyser le zèle de leurs maris. D’ailleurs nous restons à notre poste, le Commandant de la Garde Nationale ne le quittera pas, des renforts sont sollicités et nous sommes dans la confiance de les obtenir.
Courage, fermeté, résolution pleine et entière
Et tout nous annonce que nous réussirons. »

Suit un renvoi qui dit : « Une lettre de Chalon datée du 16 courant et que je lis à présent annonce positivement que les Chalonnais eux-mêmes aidés de 60 hommes du même régiment que celui dont partie est ici, ont forcé l’ennemi à évacuer Saint-Marcel. Des actes de bravoures sont cités de la part des chalonnais. Vous voyez qu’à Chalon, comme ici, il y a des braves. »
Pierre Coste
Une maison est réquisitionnée pour loger la troupe venue en renfort.
Malgré cette résistance, les coalisés entrent dans Saint-Jean-de-Losne le 20 janvier. Le 24 janvier 1814, le général ennemi entre à la tête de 4000 hommes dans Saint-Jean-de-Losne. L’atmosphère y est glaciale : toutes les habitations et les commerces sont fermés. Le commandant de la troupe tient à rassurer la population sur ses bonnes intentions. Antoine Hernoux s’empresse d’inviter les habitants à faire bonne figure à l’occupant. Pierre Coste est emmené au Q.G. de Sampans, il est libéré le 30 janvier. La ville sera en permanence occupée par les troupes autrichiennes et les réquisitions effectuées par celle-ci seront très lourdes.
Le 6 avril, Napoléon abdique, le 13, il signe le traité de Fontainebleau et est exilé à l’île d’Elbe. Moins d’un an plus tard, le 14 mars 1815 il est de retour et il remet la Légion d’Honneur aux villes de Saint-Jean-de-Losne, Tournus et Chalon sur Saône.

« Le 14 mars 1815, Napoléon coucha à Chalon sur Saône, il y reçut une députation de Saint-Jean-de-Losne ; cette petite ville, fidèle au souvenir d’une défense héroïque en 1636, avait également, le 17 janvier 1814 opposé aux Autrichiens la résistance la plus énergique.
« Je ne puis me rendre chez vous  dit-il aux membres je le regrette, dites à votre digne maire que je lui donne la croix, car c’est pour vous, Braves gens que j’ai institué la légion d’honneur et non pour les émigrés pensionnés par nos ennemis ». Et le 27 avril 1815, Napoléon confiait à la Bravoure des habitants de Saint-Jean-de-Losne deux pièces de canon avec un approvisionnement de 200 coups par pièce. »


Mais le 18 juin, la Grande Armée est défaite à Waterloo, Napoléon abdique une seconde fois le 21 juin 1815, il est exilé à Sainte Hélène où il meurt le 5 mai 1821.

© Texte Pierre Marie Guéritey